La Disparition !

PDFImprimerEnvoyer

Avec La Disparition, avec un ‘D’ majuscule, Jean Pierre Giovanelli, nous offre non pas une exposition des œuvres variées d’un artiste, mais une réflexion philosophique. Dans un ouvrage sur Freud, Michel Journiac démontre le caractère du vêtement, lequel peut définir une personnalité ou au contraire la faire disparaître par une sorte d’uniformité.

La Disparition, c’est celle de l’individu en tant qu’être humain. Les burqas, si elles sont un sujet d’actualité, illustrent parfaitement ce sujet. Jean Pierre Giovanelli redevient l’artiste quand il évoque avec poésie les textes en langue Farsi. Ces femmes revêtues d’une burqa bleue, dansantes et aériennes, un ballet des mille et une nuits, tissu fin et grillage dentelé des visages, nous amènent dans ce monde oriental. On revient à la philosophie et Jean Pierre Giovanelli nous cite l’ouvrage posthume de Jean Baudrillard Pourquoi tout n’a-t-il pas déjà disparu ? « Mes burqa lui sont un hommage. » Il y a un équilibre entre les mots, disparition s’oppose à apparition : « Quand une chose disparaît, une autre apparaît » Jean Pierre parle de l’apocalypse : « Une révélation et une connaissance ». L’artiste avec ses burqas nous invite à se questionner sur le sens de ce vêtement. La burqa est visible, mais rend invisible le corps : « C’est une dualité entre ce qui est et ce qui n’est plus ».

La galerie Depardieu est coutumière des expositions qui sortent de l’ordinaire, ici, avec Jean Pierre Giovanelli, elle a dépassé l’extraordinaire. On ne saurait que vous conseiller d’aller découvrir ce qui n’est plus sous ce qui est. C’est une autre version du célèbre questionnement de Shakespeare : « To be or not to be ! » La Disparition, jusqu’au 6 février, galerie Depardieu 64 bd Risso 06300 Nice.

 

par T. Jan