La Fabrique Opéra Marseille-Provence : Un opéra coopératif qui transporte La Flûte Enchantée dans ce millénaire

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Faire découvrir la musique classique à la jeune génération et créer de nouveaux férus d'opéra, en réunissant élèves et artistes professionnels, telle est l'ambition de La Fabrique Opéra Marseille-Provence. Le public pourra découvrir cette œuvre lors d'une des trois représentations en avril 2015 au dôme de Marseille.

 

Emblème de l'opéra populaire et ultime opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, La flûte enchantée fut composée en 1791 pour le théâtre populaire de vienne. A la fois conte et récit ésotérique, ce voyage initiatique sur le chemin de la sagesse ou cette parabole de vie raconte l'histoire d'un combat, d'une lutte entre l'obscurité et la lumière.

Spectacle

Réunissant élèves et artistes internationaux, la Fabrique Opéra Marseille Provence éclaire ce chef œuvre d'un regard nouveau sous l’œil aiguisé du metteur en scène Richard Martin.

« A sa manière, ce conte s’exprime sur les problèmes majeurs de ce siècle. Nous allons le traiter de façon ludique et sérieuse sans se priver de se mêler de ce qui se passe dans le monde et de donner l'alarme. C'est le rôle des saltimbanques. Fidèle au combat maçonnique, je vois la scène comme un damier gigantesque, sur lequel se déplacent nos pions, héros mozartiens, qui basculent à chaque mouvement soit vers la lumière soit vers le néant. Trois lectures se croiseront dans cette flûte enchantée » déclare Richard Martin. Les solistes internationaux côtoieront l'orchestre de la Philharmonie Provence Méditerranée dirigé de mains de maître par Jacques Chalmeau.

« Je suis heureux que l'opéra de Marseille soit coproducteur de cette aventure. C'est la dernière œuvre philosophique terminée de Mozart et on se doit de lui rendre hommage et de réfléchir sur ses pensées. Cet opéra pose des questions sur la vie, sur la religion, l'obscurantisme et les rapports entre hommes et femmes.

Après plusieurs mois de réflexions communes, nous, Richard Martin que je connais bien et moi, avons finalisé, sur cet opéra parfois énigmatique, une création dans laquelle nous sommes en phase. C'est très important et pourtant si rare qu'il y ait un lien privilégié entre metteur en scène et chef d'orchestre » indique Jacques Chalmeau.

La narration sera faite en français par Marianne Sergent pour faciliter la compréhension.


Une distribution internationale

Après plus d'une centaine d'auditions, la distribution retenue est internationale. Les artistes sélectionnés proviennent de France mais aussi de Roumanie, Russie, Slovaquie..., citons par exemple Tamino joué par Antonel Boldan, ténor, finaliste du concours international de chant de l'UPMCF à Paris en 2011 et demi-finaliste du concours International de Chant Francisco Vinas à Barcelone en 2012.

« Tous ceux que nous avons engagé étaient des coups de cœur. J'avais une photographie sonore dans le choix des chanteurs et notamment dans le choix de Papageno joué par Alexandre Artemenko qui interprète ici son premier Papageno » affirme Jacques Chalmeau. «  Je voulais faire rêver et que le public s'attache aux chanteurs, qu'au delà de la qualité vocale, le physique des acteurs apportent du crédit à cette histoire.

Je veux souligner l'intérêt que j'ai de travailler avec cette distribution internationale. Vous allez découvrir des chanteurs fantastiques qui sont partant pour la comédie. Cela m’intéresse beaucoup que les chanteurs d'opéra soient aussi des comédiens, ce qui n'est pas donné à tout le monde. C'est un vrai bonheur ! » ajoute Richard Martin.


L'opéra est en danger

« Seulement 4% de la population française se rend à l'opéra. Cette proportion n'a pas bougé en 40 ans malgré de nombreuses dépenses pour la démocratisation de la culture et pour aller chercher de nouveau public. Cela a réussi pour les musées, pour la pratique amateur au niveau de la danse et pour le théâtre. Mais pour l'opéra, qui a été pourtant un art populaire, cela n'a pas fonctionné. L’opéra est l'art idéal pour découvrir la musique classique car il allie la musique, le chant, la danse, les décors tout en racontant une histoire. Pourtant ce sont toujours les mêmes qui s'y rendent et, chaque année, la moyenne d'age vieillit d'un demi an. Notre but est de changer cela pour sauvegarder un patrimoine, un savoir faire en France, en valorisant le talent des jeunes. En mêlant jeunes en formation et artistes lyriques, on encourage aussi les amis et les proches de ces jeunes à venir à l'opéra » déclare Benjamin Molleron, coordinateur de la Fabrique Opéra.

Spectacle

Une idée qui fédère

Concept crée à Grenoble en 2007, La Fabrique Opéra, implique et fédère des établissements d'enseignement technique et des centres d'apprentissage dans la conception et réalisation d'un spectacle lyrique : costumes, coiffures, maquillages, décors, communication et organisation du spectacle. Bénéficiant des acquis de la ville pilote, ce modèle est reproduit cette année à Marseille avec une structure portée par des acteurs locaux : La Fabrique Opéra Marseille-Provence voit le jour, présidée par Philippe Ashford

« c'est la neuvième opération depuis la création en 2007 car, chaque année, nous montons un nouvel opéra. Il y a deux ans, nous avons créé une structure nationale, présidée par Jacques Attali et dont je m'occupe, pour essaimer en France. Des opéras coopératifs ont vu le jour en 2014 sur Annecy et en 2015, sur Caen, Marseille et Orléans. En 2007, devant 7500 personnes, 50% du public n'était jamais entré dans une salle de concert. Il faut continuer l'aventure » affirme Benjamin Molleron.


Opéra coopératif

Pendant plus de six mois, les élèves confectionnent les décors, les costumes, les maquillages, des éléments de mise en scène ainsi que l'organisation du spectacle. Ils apprennent ainsi leurs métiers, développent des compétences nouvelles et apprennent à gérer les échéances.

« Je me réjouis des engagements fervents des élèves que j'ai pu rencontrer. C'est la première occasion qu'il m'est donné d'apporter dans les écoles une autre forme de langage, une rêverie qui peut être partagée. Elle peut surprendre au départ car les élèves ne sont pas habitués à cet exercice. Avec des aventures répétées de ce style, la jeunesse pourra avoir un jugement plus aiguisé sur les hommes. Si l'éducation nationale se servait de tous ces soldats poètes auprès des jeunes, les enfants auraient une autre idée de ce que l'avenir pourrait leur proposer » déclare Richard Martin.

Les lycées La calade et Brochier s'occupent des costumes, les lycées Marie Curie, Diderot et Poinso Chapuis se sont occupés des décors avec Richard Martin et Joël Jagot, le scénographe, le Lycée Leau des coiffures et du maquillage, Le lycée Blaise Pascal et Axe Sud de la régie et de l'audiovisuel et enfin les lycées Marie Curie et Leau de l'organisation et de la communication.

Les élèves sont partants pour cette aventure : « Cette expérience pousse dans les retranchements et les met en danger » déclare une enseignante de Marie Curie. « Elle permet de sortir des sentiers battus » ajoute un élève du lycée Leau. « Elle permet d'aller dans un univers auquel l'école n'est pas habitué » renchérit un étudiant d'Axe Sud. « Nous avons aimé travailler dans une ambiance professionnelle » assure une élève du lycée La Calade.

Madame Perata Laurence, enseignante au lycée Brochier ajoute « Les ¾ des élèves n'ont jamais vu d'opéra et connaissent mal ou pas cet univers. Nous avons ainsi fait des recherches bibliographiques sur Mozart et vu des films sur ce thème. Nous réalisons les costumes des trois dames. Tout le monde participe et apporte sa contribution en faisant une petite maquette. Les élèves veulent se surpasser. Il y a un échange entre les filières du CAP au BTS et un book se construit. Nous ferons une exposition sur le suivi de cette aventure culturellement et techniquement ».

Pour sensibiliser la jeune génération, plus de 3.500 élèves du primaire et du secondaire seront conviés pour la répétition générale.

 

Spectacle


Le projet enthousiasme les élèves mais aussi les artistes :

« Je trouve cette idée géniale. Ce n'est pas seulement une production classique d'opéra car des élèves sont impliqués. Dans la diversité, le résultat est toujours plus beau. » déclare Antonel Boldan. « Je suis très contente que le projet touche les jeunes, cela leur permet de découvrir la musique classique et l'opéra » ajoute Jennifer Courcier qui joue Papagena.

« Les enseignants font un réel travail et leur action fait que tout se passe dans de bonnes conditions. Des réalisations incroyables nous ont été présentées, même si toutes ne pourront être utilisées » indique Jacques Chalmeau.


Un lieu inhabituel

Le dôme de Marseille est un lieu peu coutumier pour un opéra. Mais avec ses dimension, il permet d'accueillir jusqu'à 4200 personnes. « L'intérieur du dôme a été construit pour l'opéra acoustique, c'est une salle très intéressante car on voit de partout. C'est un bon choix de lieu mais difficile pour le metteur en scène car il faut tout imaginer » déclare Jacques Chalmeau.

« La dimension du dôme est impressionnante, je n'ai jamais chanté dans une telle salle » ajoute Antonel Boldan.

« Des chemins poétiques se sont croisés. Les propositions fantaisistes des uns et des autres viennent nourrir un travail et le faire évoluer ou modifier complètement. Mon propre travail a ainsi évolué. Tout le monde peut s’emparer du théâtre. C'est un espace de liberté et d’expression où les jeunes gens doivent revendiquer le droit d'exister poétiquement. Un engagement comme celui là est intéressant pour tous » déclare Richard Martin

La Fabrique Opéra Marseille-Provence, opéra coopératif, valorise les savoirs faire et les talents de la jeunesse et offre une vision nouvelle de La flûte enchantée éclairée par les lumières du monde d'aujourd'hui.

Un rendez vous à ne pas manquer.


Jocelyne SILVY


17 18 et 19 avril 2015 au Dôme de Marseille

Pour plus de renseignements :

www.lafluteenchantee2015.fr