Collectors et MAMAC 

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Vingt-cinq ans d'activités du Mamac, fêtés par une exposition de la collection permanente ; 25 ans avec différentes époques, allant de la plus faste à la plus discutable, j'entends par là ce qui correspond aux différentes directions à la fois du musée et des musées.

 

Exposition

Le couple Chaigneau-Fournet, à l'origine de la création du bâtiment à l'architecture plus que controversée, sur laquelle on ne s'étendra pas, non sans rappeler que la distribution, sans doute erronée, du cahier des charges, ne comprend aucune réserve digne de ce nom, d'où les difficultés qui surgiront dès sa mise en fonction.

Une inauguration scandaleusement signée par l'interdiction par le Ministre de la culture en charge, pour ne pas le nommer Jack Lang, qui refusa le prêt d'œuvres du patrimoine national pour raisons politiques !

Il n'en reste pas moins que le couple Chaigneau-Fournet sut donner la première impulsion à ce navire et ce, malgré les écueils politiques, étatiques ou municipaux...

Les acquisitions furent de grande valeur didactiques. L'ouverture d'esprit de ces deux compères sut faire la part entre le milieu culturel Niçois, les acteurs Français et l'étranger : programme d'expositions imaginées et montées de toutes pièces et non importées pour la majeure part ; trajectoire claire et professionnalisme attentif était alors de mise, démontrés par les œuvres marquantes que l'on peut voir dans cette exposition des Collectors.

Seconde et dernière époque, discutable quant à la clarté d'un projet jamais expliqué ni explicité ; achats quelque fois douteux, expositions importées pour la part essentielle du programme, absence de regard sur le milieu culturel niçois et régional, un directeur évanescent et donc, une trajectoire illisible et brouillonne. Ceci se perçoit fort bien dans la collection présentée qui n'a rien d'exhaustif quant aux pratiques d'ici et maintenant.

Exposition

Depuis environ quinze ans, Nous, le monde culturel des arts plastiques, avons bien du mal à donner réponse, à la question : mais que se passe-t-il à Nice ?

Espérons que la nomination d'une nouvelle direction, que nous espérons libre de tout diktat politique, saura nous donner des éléments de réponse et nous sortir de cet embarras.

Il n'en reste pas moins que le MAMAC a le mérite d'exister et qu'il est temps de lui donner une aura qui dépasse les frontières de la désolation que nous vivons depuis trop longtemps, sans pour autant faire la part du lion aux artistes institutionnels, comme ce fut le cas lors de l'appel à projets pour la première ligne du tramway de Nice...

Souhaitons non seulement une attention au milieu artistique Niçois et plus largement, une vrai collaboration avec les structures de nos cousins et amis Italiens ce qui apportera un peu d'oxygène dans le carcan méprisant que nous imposent les structures du ministère de la culture français.

Ceci est une affaire à suivre.

J-P Giovanelli