Que verrons nous à Cannes ?

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Le choix de la centaine de films qui s'offrent à nous dans les diverses sélections du Festival de Cannes est le résultat d'un ensemble de tractations où des préoccupation artistiques, économiques, diplomatiques et médiatiques jouent chacune un rôle. Comme l'a observé Platon dans l'allégorie de la Caverne, est illusoire la perception que nous avons des événements qui ont conduit à cette offre.

En définitive, pour l'usager du Festival, les sélections se réduisent à une gestion spatio-temporelle de séances dans ce petit monde agité qu'on appelle Cannes.

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La Compétition (1) :

Après des mois d'indiscrétions savamment distillées par les média, Gilles Jacob et Thierry Frémaux ont dévoilé le verdict du comité de sélection, lors de la traditionnelle conférence de presse de la mi-avril. Si l'on retrouve la plupart des films prévus, certaines absences ne manquent pas d'intriguer, par exemple la faible participation de Hollywood. Seuls deux films défendront les couleurs américaines. Doit on en conclure que la première industrie cinématographique mondiale considère désormais que la Croisette n'a plus sa place dans son plan média ? Ou bien est-ce, qu'en dehors des réalisations des habitués du festival de Cannes ( les Frères Cohen, Woody Allen, Quentin Tarantino, James Gray, etc.) on ne trouve pas en Amérique de films dignes d'être sélectionnés ?

C'est dommage pour les paparazzis qui n'auront pas beaucoup de stars hollywoodiennes à « shooter », cela l'est moins pour les cinéphiles. Au bout du compte, avec ou sans l'onction cannoise, les film américains trouveront toujours le chemin des salles obscures.

Les Français sont naturellement présents en force avec quatre sélections et demie, sur vingt si l'on compte les film d'ouverture et de clôture. Pourquoi et demie ? Parce que, parmi eux, il y a Jean Luc Godard qui représente à la fois la France et la Suisse. Après « Film Socialisme » projeté dans la section Un certain regard en 2010, il revient à Cannes avec « Adieu au langage ». Ce moyen métrage en 3 D parle des relations entre hommes et femmes avec un chien pour témoin. Comme depuis longtemps l'intérêt des medias se porte d'avantage sur la personnalité de l'ermite de Rolle que sur ses réalisations, la question qui taraude le microcosme cannois n'est pas « que vaut son film » mais « sera-t-il présent à la conférence de presse ».

Le biopic est devenu le nouveau Graal de la production française. Après le « Yves Saint Laurent » de Jalil Lesper autorisé par Pierre Bergé et sorti en janvier dernier, voici le « Saint Laurent » non autorisé de Bertrand Bonello. Olivier Dahan qui a réglé le compte d’Édith Piaf dans « la Môme » en 2007, s'en prend cette année à Grace Kelly avec « Grace de Monaco » en ouverture du Festival, hors compétition.

Michel Hazanavicius dont « The Artist » avait été sélectionné in extremis en 2011 a connu un extraordinaire destin qui l'a mené jusqu'aux Oscars. Il revient avec son actrice favorite Bérénice Bejo. Dans « The Search », elle interprète une infirmière d'une ONG qui est prise dans le maelström de la guère russe-tchétchène à la fin des années quatre vingt dix. On l'aura compris, Havicinius s'éloigne de son registre habituel, la comédie, pour traiter un grave sujet, le sort des innocents dans les conflits modernes.

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Comme l'an passé, si Bérénice Bejo est à Cannes Marion Cotillard l'est aussi. Dans « Deux jours, une nuit », elle est Sandra menacée de licenciement à moins que ses collègues acceptent de renoncer à leur prime. C'est sous le pavillon belge que ce suspense social concourt. Il est l’œuvre des frères Dardenne qui rêvent peut être de poser une troisième palme sur le plateau de leur cheminée.

Olivier Assayas, dernier représentant de la sélection française n'est pas le moindre. Sa filmographie est assez diversifiée. Elle va de la saga historique (« Les Destinées sentimentales ») au thriller futuriste (« Demonlover ») en passant par la chronique intimiste (« Après mai »). A quel genre appartient son dernier opus, « Sils Maria » qui traite de l'angoisse du vieillissement d'une actrice au faîte de sa gloire interprétée par Juliette Binoche ? Ce récit permettra-t-il à Assayas d'être enfin reconnu par le Jury de Cannes, lui qui n'a jamais obtenu la moindre récompense en trois sélections depuis quatorze ans ?

Faute d'Hollywood, nous aurons Toronto et Montréal. Le Canada est représenté par trois de ses plus célèbres cinéastes.

D'abord, David Cronemberg qui poursuit sa chronique sans concession de la société moderne nord-américaine. Après le New York démentiel de « Metropolis » (2012), et ses golden boys ultra speedés, voici la famille Stafford qui rêve de gloire dans « Maps to the Stars ». Alors que le père vend des livres sur le développement personnel, la mère gère la carrière d'un rejeton âgé de 13 ans, star du petit écran et fraîchement sorti d'une cure de désintoxication tandis que la petite sœur assouvit ses penchants pyromanes.

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Ensuite, on retrouve Atom Egoyan qui a réussi quelques thrillers comme « la Vérité nue » et raté quelques films à message comme « Ararat » ou « Adoration » présentés à Cannes respectivement en 2005, 2001 et 2008. Avec « Captive » nous sommes dans la première catégorie, celle d'un récit où un père tente de retrouver sa fille enlevée huit ans auparavant que tout le monde croit morte sauf lui.

Enfin, Xavier Dolan avec « Mummy » obtient cette année du Festival de Cannes ce qui lui avait été refusé en 2012 pour « Laurence Anyways », c'est à dire d'être en compétition. Ce jeune homme doué et pressé agace autant qu'il fascine. À tout juste 25 ans, il a déjà réalisé cinq films sans parler des clips, des courts métrages, des rôles d'acteurs, etc. De « Mummy », on sait à peu rien sauf qu'il s'agit des rapports au monde d'un duo constitué d'un adolescent perturbé et de sa mère, femme seule.

La Grande Bretagne voit deux de ses plus fameux auteurs sélectionnés, les seniors Ken Loach (77 ans) et Mike Leigh (71 ans). On ne présente plus ces deux piliers du Festival de Cannes. Tandis que le cadet avec cinq sélections a décroché une palme d'or pour « Secrets et mensonges » en 1996, il en a fallu dix sept (toutes sections confondues) pour que le second ait la même récompense avec « Le vent se lève » en 2006. le film qu'il présente cette année, « Jimmy's Hall », pourrait être la suite de celui ci puisqu'il se déroule en Irlande au cours des années vingt. Il décrit le combat que mène un agriculteur revenu des États Unis face aux forces conservatrices de son pays.

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Mike Leigh abandonne son domaine de prédilection, la chronique douce- amère de la middle class britannique, pour s'intéresser aux derniers jours du peintre Turner dans « Mr Turner ».

Il échoit à Tommy Lee Jones et à Bennett Miller, la lourde tâche d'incarner le cinéma américain.

L'acteur rendu populaire grâce à « Men In Black » en est à sa troisième réalisation. Pour son premier film d'auteur, « Trois enterrements », il avait reçu, en 2005, un prix d'interprétation. Cette année, il tient également un rôle dans « The Homesman ». Il s'agit d'un western âpre, l’odyssée en 1855 à travers les étendues sauvages de l'Iowa d'un groupe de femmes (dont l'une est jouée par Meryl Streep) qui est accompagné par un rustre vagabond rencontré sur le chemin.

Quand à Bennett Miller, l'auteur de « Truman Capote » en 2005, il voit pour la première fois un de ses films sélectionné à Cannes. Il s'agit de « Foxcathcher », librement adapté d'un fait divers, le meurtre d'un champion de lutte libre en 1996 dont est accusé un riche homme d'affaire, sponsor du club de la victime.

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Deux cinéastes, le premier venu de Turquie, l'autre du Japon sont représentatifs d'un cinéma d'auteur exigeant qui serait sans doute ignoré du plus grand nombre si les festivals et en particulier celui de Cannes ne les soutenaient pas.

Le Turc Nuri Bilge Ceylan a développé un univers visuel épuré et un style narratif lent qui permettent de l'identifier dès le premier plan. Son propos est de décrire les rapports entre la tradition et la modernité dans un pays ancré dans ses certitudes et ses préjugés. Comme « Trois Singes », son avant dernier film présenté à Cannes, « Sommeil d'hiver » se situe en Anatolie sous la neige et a pour protagoniste principal un homme en crise. Il dure 3 heures 16 , record de durée de la sélection 2014.

La Japonaise Naomi Kawase a obtenu la caméra d'or en 1997 pour « Suzaku », découvert par la Quinzaine des réalisateurs. Depuis, elle est revenue à plusieurs reprise à Cannes où son œuvre est appréciée et parfois distingués (Grand prix en 2007 pour « La Forêt de Mogari »). Ses films subtils et sensibles témoignent d'un grand respect pour une tradition nippone débarrassée de son formalisme et d'un amour de la nature qui peut aller jusqu'au panthéisme. « Deux fenêtres », traite de thèmes qui lui sont familiers : l'enfance, la découverte de la nature et le lien entre les générations.

Nanni Moretti, Marco Bellocchio et Paolo Sorrentino n'ayant pas de film à proposer, la sélection officielle a fait appel à une cinéaste italienne beaucoup moins célèbre que ces derniers, Alice Rohrwacher, réalisatrice de « Le Meraviglie ». On ne sait rien de ce film et pas grand chose d'elle sinon qu'elle est actrice et qu'elle a présenté en 2011 « Corpo celeste » à la Quinzaine des Réalisateurs qui était un film sur la foi.

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Autre inconnu, l'Argentin Damián Szifron avec «Relatos salvajes» aborde pour la première fois le marché non hispanique. Il s'agit d'un film à sketchs produit par les frères Almodovar.

La Russie dont la présence en sélection officielle est épisodique propose un de ses espoirs les plus brillant, Andrey Zvyagintsev avec « Leviathan ». Deux films avaient suffi pour établir sa réputation : « Le Retour » (2003) et « Le Bannissement » (2007). On retrouvait dans ceux ci la quintessence du grand cinéma russe : belles images et destin tragique dans un paysage sublime.

L'intrigue de « Leviathan »se situe au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie, où un défenseur de la nature s'oppose aux projets destructeurs d'un potentat local.

Parmi les films surprises, « Timbuktu, Le Chagrin Des Oiseaux  » du Malien Abderrahmane Sissako mérite que l'on s'y arrête. Non seulement parce qu'il est le seul représentant en compétition du continent africain, mais encore et surtout, en raison de la démarche qui l'a fait naître. Sissako faute de pouvoir tourner un documentaire à Tombouctou est allé réaliser une fiction à Oualata, à l'est de la Mauritanie. Il traite, des événements qu'ont vécu les habitants du Nord Mali pendant les mois d'occupation par des groupes djihadistes. C'est la première fois qu'un cinéaste africain peut, dans un délais très court, parler des événements survenus dans son pays. Pour cela, à nos yeux, « Timbuktu, Le Chagrin Des Oiseaux » fait partie des films phare de cette sélection.


Un Certain Regard

Un certain Regard, deuxième volet de la sélection officielle offre une large palette de films venus des cinq continents dont près de la moitié d'Europe. La France a la part du lion avec quatre films dont un en ouverture. Il s'agit d'un premier film, « Party Girl » de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Thies qui appartient au genre docu-fiction. Il décrit en effet le parcours d'une entraîneuse ayant eu quatre enfants dont elle ne s'est jamais occupé qui décide d'épouser un de ses clients. Or l'actrice principale est entraîneuse et a eu quatre enfants dont l'un est coréalisateur du film.

Personne n'a oublié « Tournée » de Mathieu Almaric projeté en compétition en 2010 qui n'est pas pour rien dans la vogue du strip-tease burlesque. Cette année, il défend « La Chambre bleue » d'après un roman tardif de Georges Simenon qui peint une passion amoureuse destructrice dans la France profonde des années soixante.

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Quant à Pascale Ferran dont l'adaptation de « l'Amant de Lady Chatterley » avait connu un beau succès en 2006, elle se risque sur un terrain peu emprunté par notre cinéma, le genre fantastique avec « Bird people » dans lequel deux personnages, un cadre en transit dans un hôtel international et une femme de chambre, sont confrontés au surnaturel.

Parmi les réalisateurs européens signalons deux auteurs venus du Sud qui, chacun à sa manière, mettent le doigt sur quelques plaies de notre continent malmené. Le premier est l'Espagnol Jaimes Rosales. Dans « Belle Jeunesse », il s’intéresse au sort de jeunes diplômés sans travail qui pensent trouver une solution à leur problème dans la production pornographique. il avait été remarqué dans l'édition 2007 d'Un Certain Regard pour « La Soledad », drame minimaliste sur la solitude de deux femmes filmé selon le dispositif de polyvision qui coupe l'écran en deux.

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Le second, Panos Koutras, est grec. Il est connu grace à sa célèbre « Attaque de la moussaka géante », chef d’œuvre du nanar parodique. Le film sélectionné cette année, « Xenia », a pour héros deux frères à l'âge de l’adolescence. Nés d'une mère albanaise, ils recherchent leur père qui est grec dans le but d'être reconnu par lui et de pouvoir obtenir sa nationalité.

Un certain Regard offre à six cinéastes l'occasion de présenter leur premier long métrage. Parmi ces derniers l'acteur Ryan Gosling viendra défendre l'énigmatique « Lost River », drame fantastique. Les paparazzis seront également intéressés par une autre vedette venue à la réalisation, Asia Argento, qui accompagnera « L'incomprise ». Charlotte Gainsbourg fait partie de la distribution de ce récit à contenu plus ou moins autobiographique dont l'argument se résume en une phrase : « Aria a 9 ans et a un rêve : être aimée de ses parents ».

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Un autre premier film a retenu notre attention, c'est « Run » du franco-ivoirien Philippe Lacôte. D'abord parce que, comme Timbuctu, il parle de la situation dans un pays qui, naguère, était sous les projecteurs de l'actualité, la Côte d'Ivoire, ensuite parce qu'il donne le premier rôle à un acteur devenu assez rare sur nos écrans, Isaac de Bancolé.

On retrouvera avec plaisir dans cette sélection quatre cinéastes révélés par Cannes au cours de la décennie passée.

Il s'agit de l’Israélienne Keren Yedaya qui avait obtenu la Caméra d'or pour « Mon Trésor » en 2004, du chinois Wang Chao dont le premier film « L'Orphelin d'Anyang » avait été sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs en 2001, du Hongrois Kornél Mundruczó qui avait présenté en 2008 « Delta » et de l'Argentin Lisandro Alonso Jauja, auteur de « La Libertad » (2001), Los Muertos » (2004) et « Fantasma » (2006).

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On ne sait rien de « Loin de son absence » de Keren Yedaya, à peu rien de « Fantasia » de Wang Chao et pas grand chose de « Jauja » de Lisandro Alonso sinon qu'il s'agit d'un film d'époque (1880) dont l'acteur principal n'est autre que Viggo Mortensen. Quant à « White God » de Kornél Mundruczó, il décrit les mésaventures d’une fille et de son meilleur ami, un chien, dans un monde où le pedigree est un facteur déterminant.

 

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La Quinzaine des réalisateurs (2) :

Rétrospectivement la Quinzaine des Réalisateurs de 2013 avait eu le nez creux en sélectionnant entre autres « Les Garçons et Guillaume, à table » de Guillaume Gallienne qui a connu le triomphe que l'on sait. A l'origine de ce résultat, il y avait la volonté de la nouvelle équipe menée par Edouard Waintrop de rebattre les cartes en s'ouvrant à tous les styles y compris la comédie à la française. On ne peu pas reprocher à cette équipe de se laisser griser par le succès car on observe pour 2014 un net changement de cap. Après deux années d'une politique de diversification, la Quinzaine des Réalisateurs semble revenir à ses fondamentaux, la politique des auteurs et des sujet sociétaux. Cette inflexion se traduit également par une réduction du nombre de films sélectionnés qui passe, entre 2013 et 2014, de vingt deux à dix sept. Le nombre de premiers film descend de huit à trois. Les films français seront corollairement moins nombreux : quatre en 2014 contre sept en 2013. De surcroît les comédies et les films de genre deviennent plus rares. La Quinzaine redevient -elle la manifestation militante pure et dure du cinéma auteuriste qu'on a connu naguère ? Certainement pas, le programme laisse toujours une belle place aux stars et aux films de samedi soir.

Festival

Parmi les stars de cette sélection, on pourra applaudir le britannique John Boorman qui est au moins aussi célèbre que ses ses cadets sélectionnés en compétition. Il a connu la notoriété grâce à « Delivrance », « Excalibur », « Hope and Glory » etc. Son dernier film, « Queen and Country » est un récit sur l'éducation militaire et sentimentale de deux jeunes conscrits au temps de la guerre de Corée. Autre star, celui ci dans le domaine de l'animation, Isao Takahata, l'auteur du « Tombeau des lucioles » présentera « Le Conte de la Princesse Kaguya » d'après un roman traditionnel japonais. La dernière star que nous avons repéré sur la liste est le grand documentariste américain Frederick Wiseman qui, après Berkeley en 2013, le Crazy Horse en 2011 et le ballet de l'Opéra de Paris, jette son dévolu sur le grand musée londonien dans « National Gallery ».

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Le cinéma de genre ne sera pas totalement absent avec par exemple « Juillet de sang » d'un jeune spécialiste de l'horreur, Jim Mickle. La chronique intimiste ne sera pas d'avantage négligée grâce à « Tu dors Nicole » de Stéphane Lafleur et « Bande de filles » de Céline Sciamma. Néanmoins la plupart des films, issus de neuf pays, ont pour thème dominant la peinture de drames personnels dans un contexte de crise : le couple mal assorti dans « Alleluia » du Belge Fabrice Du Welz, le handicap mental dans « Next to Her » de l'Israelien Asaf Korman, la maltraitance dans « Refugiado » de l'Argentin Diego Lerman etc.

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De nombreux longs métrages sélectionnés sont le deuxième ou troisième de leur auteur qui, jusqu'à ce jour, n'ont n'ont jamais été distribués en dehors de leur pays d'origine. Nous en avons compté six. Certains d'entre eux arrivent précédés d'une réputation flatteuse, c'est le cas notamment du cinéaste coréen Seong-hun Kim dont ne sait si son film « A Hard Day » relève de la comédie macabre, de l'exercice de style, du gore ou des trois à la fois.


 

La Semaine de la Critique (3) :

Dans un format plus réduit que les autres sélections et localisée dans une salle de taille relativement modeste, (l'Espace Miramar, 400 places), la Semaine de la Critique continuera à séduire les cinéphiles et les scolaires.

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Le propre de cette sélection plus réduite que les autres (11 longs métrages) est de surprendre son public car, en dépit des notes sibyllines du programme, il y est difficile de se faire, au préalable, une idée sur le contenu et la valeur d'un film. La quasi totalité des films choisis sont des premières œuvres ou des réalisations d'auteurs connus dans un cercle confidentiel. Chaque année la Semaine de la Critique sort une ou deux perles de sa boite à malice comme ce fut le cas, l'an dernier pour « Lunch Box ». Elle projette également quelque nanars. Pour distinguer ce qui mérite d'y être vu, écouter la bonne vieille rumeur transmise dans les files d'attente aux séances restera la plus efficace méthode d'investigation.

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Le programme comprend des films sans concession comme « The Tribe » de l'Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy qui a choisi de faire communiquer ses protagonistes uniquement en langue des signes puisque l'intrigue se situe dans une institution de sourds-muets. Il accueille également des œuvres légères et optimistes comme « Fla » du Franco-haïtien Djinn Carrénard qui réunit un soir de Noël trois personnage rassemblés par une même recherche, celle de l'amour. D'autres films semblent promettre du sang et de l'angoisse, tels « It Follows » de l'américain David Robert Mitchell et « When Animals Dream » du Danois Jonas Alexander Arnby.

 

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La plupart cependant abordent des thèmes économiques, politiques ou sociaux contemporains : le conflit israélo-palestinien dans « Self Made » de l'Israelienne Shira Geffen ou l'émigration africaine à travers le Sahara dans « Hope » du français Boris Lojkine.


Bernard Boyer


(1) http://www.festival-cannes.fr/fr/article/60533.html

(2) http://www.quinzaine-realisateurs.com/la-selection-2014-h317.html

(3) http://www.semainedelacritique.com/films/2014/2014_selection.php