CETTE ANNÉE LES MANCA ONT DANSÉ !

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Prenant la forme d’un point vert visible pendant un court moment, le rayon vert est un phénomène optique rare qui est parfois observé juste après le coucher du soleil ou juste avant son lever. Est-ce parce qu’il est prétexte à quelques légendes que Le Rayon vert est le titre choisi par François Paris, Directeur du CIRM et des MANCA, pour cette nouvelle édition 2013 ? Il pose ainsi la question à l’imaginaire potentiel de chacun : existe-t-il « un rayon vert de l’audible » ?

 

 

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Le rationnel de la programmation informatique n’exclut pas le rêve, bien au contraire, et encore davantage lorsque la danse s’ajoute à la musique. Ainsi, pour la trente-quatrième manifestation, deux spectacles de danse étaient-ils programmés, au Théâtre National de Nice, pour donner à rêver au public. La qualité artistique de la création musicale avec technologie peut offrir un univers poétique très suggestif pour les chorégraphes.

L’Académie de la Scala de Milan a proposé trois merveilleux ballets, dont un créé en 1934 par l’un des pères de la danse contemporaine, George Balanchine. En s’inspirant de la composition de Tchaïkovsky, auteur de prédilection du chorégraphe, Serenade met en scène vingt-huit danseurs en costumes bleu ciel, dans un espace de même couleur pour exécuter une danse très technique où les images affleurent dans un beau moment de grâce. Sur une musique de Bach et de Purcell, Larmes Blanches est une pièce d’amour délicate et gracieuse, créée par Angelin Preljocaj, qui, musicien lui-même, a composé sa danse comme une polyphonie orchestrale. Deux couples s’approchent et s’écartent en gestes mécanisés ou veloutés de séduction, sur un rythme ciselé par une musique raffinée. On retrouve la griffe poétique du chorégraphe, qui maîtrise le moindre souffle de ses spectacles. Inspirée de la musique d’Eric Satie, Gymnopédie, créée par Roland Petit, est une pièce sensuelle extraite de son ballet Ma Pavlova tout en jeu de séduction sur pas de deux et pointes. Tutu blanc et longs gants noirs pour la femme et débardeur et collants pour les hommes ajoutent au romantisme des trouvailles visuelles.

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François Paris a eu l’idée de réunir deux artistes sur un projet commun de création : la compositrice Argentine Analia Llugdar et le chorégraphe Niçois Eric Oberdorff, directeur de la Compagnie Humaine. Après une recherche en nouvelles sonorités, la musicienne a créé une œuvre à partir d’instruments acoustiques et offert, durant leurs échanges d’un côté à l’autre de l’Océan Atlantique, une nouvelle piste créatrice au danseur. Lors des MANCA 2012 Juana a ainsi été présenté, à Monaco, avec un tel succès que le ballet a été repris au TNN cette année.

Artiste éclectique et avide d’explorer tous les champs possibles d’expression, Eric Oberdorff a déjà participé à des projets dans des domaines variés tels que théâtre et cinéma, mais c’est en tant que chorégraphe qu’il s’inscrit dorénavant. Pour Juana, la musique ample, dense, énergique et cependant fine, lui a inspiré des mouvements d’une tension hallucinante, toujours chahutés par une désinvolture contemporaine. Sept femmes ressemblantes et pourtant singulières, explorent les similitudes des unes par rapport aux autres, en un effet miroir. L’ivresse sans cesse reconduite de la danse en exacerbe la sensualité, en repoussant les limites du geste.

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Depuis 1978, chaque mois de novembre, un public, friand et fidèle, se précipite aux MANCA pour les concerts, rencontres, conférences, proposés par le Centre National de Création Musical, le CIRM. Depuis leur création, les MANCA ont accueilli la fine fleur des grands compositeurs de musique contemporaine internationaux et l'on ne compte plus les créations mondiales qu'ils nous ont permis de découvrir.

Avis aux amateurs !


Caroline Boudet-Lefort