Sublime Madame Butterfly dans la cité des papes !

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L’opéra d’Avignon, sous la houlette de Raymond Duffaut, a ouvert sa nouvelle saison lyrique sous les meilleurs auspices avec une Butterfly qui restera dans les mémoires. Déjà proposée en 2005 avec Eva Jenis (Cio Cio San) et Cesare Cattani (Pinkerton) avec la mise en scène de Mireille Larroche, directrice de La Péniche Opéra, le retour d’un des chefs d’œuvre du répertoire vériste affichait complet.

 

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Évoluant dans un décor unique (Guy-Claude François), traditionnel et fonctionnel, bien éclairé par Philippe Grosperrin en harmonie avec les différents climats de l’œuvre et de beaux costumes de Danièle Barraud, Mireille Larroche livre une lecture épurée et aboutie de l’histoire tragique de la célèbre Geisha s’appuyant sur une direction d’acteurs d’une grande justesse. On gardera longuement en mémoire l’image finale insoutenable où l’on voit Cio-Cio San se donner la mort, sa ceinture de kimono la reliant à son enfant tel un cordon ombilical. Émotions garanties sur fond de cieux sanguinolent !

 

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En rade dans la baie de Nagasaki, le lieutenant J.B. Pinkerton de l’US Navy s’ennuie et pour passer le temps, organise des noces locales pour épouser une jolie geisha de 15 ans qu’il oubliera aussitôt de retour au pays… Dans la version en trois actes du célèbre mélodrame de Puccini (1858-1924), cette Madame Butterfly bis créée en 1904 au Teatro Grande de Brescia, à défaut d’un happy end, c’est un lot de consolation qui clôt la triste destinée de la jeune japonaise qui se suicide quand elle réalise que son amour a été piégé… L’enfant né de cette union mascarade y retrouve son papa, et le papa en question, nanti d’une nouvelle et légitime épouse exprime son repentir…

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Perle du vérisme, la voluptueuse musique de Puccini est mise en lumières par la direction inventive, équilibrée et sans pathos fortuit d’Alain Guingal. On y perçoit presque battements de cœur et larmes. Musiciens de l’Olrap et Chœurs d’Avignon apparaissent en très grande forme.

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Sur scène, la Soprano Albanaise Ermonela Jaho est tant scéniquement que vocalement une Geisha rêvée entre pudeur et mélancolie, entre langueur poétique et brusquerie réaliste. Sa voix chaude au timbre d’or sert une ligne de chant d’une grande pureté autant dans les accents dramatiques dans les forte que dans les demi-teintes d’une grande justesse. Après les incarnations de Mirella Freni et Raina Kabaivanska, on peut dire que Ermonela Jaho est une sublime Butterfly !

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À ses côtés, le jeune ténor français Sébastien Guèze, beau gosse au timbre ensoleillé est un Pinkerton de premier plan… Charismatique, il possède un chant sensible et passionné. On a plaisir à retrouver le baryton nîmois, l’un des meilleurs français Marc Barrard en Sharpless, le consul chargé d’apporter les mauvaises nouvelles. Il joue et chante à la perfection la pudeur, la réserve et la compassion. La mezzo française Delphine Haidan offre un velouté délicat à Suzuki. Les seconds rôles sont quant à eux tous excellents. Citons le Goro de Raphaël Brémard,le Yamadori d’Olivier Dejean, le Bonze de Luc Bertin-hugault ou la Kate Pinkerton de Ludivine Gombert.

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Cette Butterfly qui restera dans les mémoires a reçu un accueil triomphal du public à la première.

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Serge Alexandre


Pour en savoir plus sur l’Opéra du Grand Avignon : http://operagrandavignon.fr

Fin de spectacle à Avignon :

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