En Normandie, le monde de la culture s’engage pour l’égalité pro H/F

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Vingt huit structures des arts et de la culture de Haute et Basse-Normandie ont participé au lancement de la saison 1 de l’égalité professionnelle H/F, lundi 21 octobre au théâtre de la Foudre du Petit-Quevilly en banlieue rouennaise. Elles s’engagent à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour tendre vers une meilleure répartition femmes-hommes, au regard de la programmation et des moyens de production, de la gouvernance et des salaires, et de la communication.

 

Les raisons de l’indignation

« Au pays des Droits de l’Homme et des Lumières, on oublie trop souvent que l’Homme est aussi une femme et que la domination masculine est encore bien tenace jusque dans le domaine des arts et de la culture ».

Evénement

Ce sont les termes du MANIFESTE DU MOUVEMENT H/F qui rappelle que contrairement aux idées reçues, la culture et les arts du spectacle en France sont à la traine en terme d’égalité femmes/hommes. Les discriminations révélées par le premier rapport commandé par le ministère de la Culture et de la Communication en 2006 sont toujours d’actualité. Les structures culturelles et d’enseignement sont dirigées à plus de 80 % par des hommes ; les auteurs-compositeurs sont majoritairement masculins ; 70 % des compagnies subventionnées sont conduites par des hommes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 60 ans, sur 884 mises en scène, 60 ont été signées par des femmes et seule, Ariane Mnouchkine est entrée dans la Cour d’Honneur d’Avignon. Si les femmes accèdent difficilement au sommet, elles sont pourtant nombreuses à occuper les postes de seconds. L’effet plafond de verre se vérifie tout autant dans la culture que dans les autres secteurs professionnels.

Happening

Les revendications du Mouvement H/F

Le Mouvement H/F est une fédération inter-régionale de 700 adhérent-es, regroupant des collectifs, associations et personnes de la société civile qui revendiquent « un égal accès des hommes et des femmes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maitrise de la représentation dans le secteur du spectacle vivant ». Pour atteindre cet objectif, le mouvement se fixe trois missions :

• Le repérage des inégalités H/F de droits et de pratiques dans les milieux de l’art et de la culture, toutes fonctions confondues ;

• L’éveil des consciences par la sensibilisation des professionnels, des responsables institutionnels, des élus et de l’opinion publique ;

• L’orientation des politiques vers des mesures concrètes.

Les Saisons passent… Et ne devraient pas se ressembler – Action !

Les Saisons Egalité hommes/femmes impulsées et accompagnées par le Mouvement H/F permettent de regrouper à l’échelle régionale les structures de production, de diffusion artistique et culturelle, engagées dans la cause égalitaire durant trois saisons, en fonction de leurs spécificités territoriales. La région Rhône-Alpes avait donné l’impulsion en 2008. L’Île de France, le Poitou-Charentes, le Languedoc-Roussillon, le Nord Pas-de-Calais, la Normandie, la Picardie et l’Aquitaine se sont mises en ordre de marche depuis.

Clownesse

En Normandie, la soirée inaugurale de la Saison 1 a remporté un vif succès. Orchestrée avec malice, dans un esprit ludique et éclectique, elle fut l’occasion de découvrir une quinzaine de compagnies régionales militantes : comédiens, musiciens, circassiens, plasticiens nous ont livré quelques pépites de leur travail sur la thématique imposée : le rapport de force entre les deux sexes... L’ensemble des prestations et des vidéos a ravi les 200 spectateurs venus encourager l’événement. La salle a réagi entre autres à deux talents hors pair : La pétillante Marie-Laure Baudain qui incarne la clownesse Pauline Couic, diablesse bigrement charnelle, mise en scène par le prometteur Olivier Lopez ; et la jeune chanteuse Juliette Richard qui a subjugué l’auditoire par son registre vocal dans la veine des Camélia Jordana et Amy Winehouse. Les interludes (couple de danseurs de tango, installations performances), les divertissements interactifs, les expositions et le copieux buffet ont également contribué à rendre cet événement chaleureux. Cerise sur le gâteau, la participation était laissée à l’appréciation (et aux possibilités financières !) des spectateurs invités. L’égalité des chances entre les hommes et les femmes semble sur la bonne voie si l’on en croit les réactions du public qui était certes en partie acquis à la cause… Restons vigilants !

Aurèle M.