DES ABSTRACTIONS AMERICAINES Une exposition et un livre

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1 - Exposition : Abstraction Américaine,

(Fondation Fernet-Branca, Saint-Louis Alsace. du 2 juin au 22 septembre 2013)

La Fondation Fernet-Branca, à Saint-Louis en Alsace, tout proche de Bâle, expose cet été « Abstraction Américaine » présentée par Otto Hübner, commissaire invité, avec Hans Hofmann, Jack Tworkov, Charles Pollock, Adolph Gottlieb, David Smith, Richard Pousette-Cart, Sam Francis, un ensemble d’oeuvres en provenance de 5 Fondations Américaines.

 

La Fondation Fernet-Branca avait déjà exposé en 2009 Charles Pollock, moins illustre que son frère Jackson. En montrant aujourd’hui au travers de leurs œuvres, de photographies et d’écrits sept artistes majeurs, moins connus du grand public que Marc Rothko ou Jackson Pollock, donne une autre image de ce moment important de la peinture américaine.

On y retrouvera Hans Hofmann, l’un des pionniers dans l’expérimentation des techniques d’improvisation. En 1940, il peint Spring, l’une des premières toiles dripping sur une toile à plat, jouant sur les accidents (giclure, tâche, etc.). à Partir de 1941, Pousette-Dart engagé dans une voie mystique, et Gottlieb qui travaille par série à partir de pictogrammes jusqu’à des paysages de cercles et d’arcs tendant à la calligraphie. Viendra ensuite l’expressionnisme abstrait représenté ici par Sam Francis, Jack Tworkov, Charles Pollock et David Smith, et enfin en transition vers le Pop’art, Robert Rauschenberg.

  • 2 - L’art de Charles Pollock, douce raison

(Par Terence Maloon, Hermann éditeurs, 2013)

Un train peut en cacher un autre, un nom occulter son nom. Peu connu en France, où pourtant il vécut de 1971 à sa mort en 1988, l’aîné, Charles Pollock (1902 -1988), présenté dans l’exposition de la Fondation Fernet-Branca, est trop souvent effacé par son trop médiatique cadet, Pollock (Jackson), le Pollock du « dripping » et du « all over ». Avec sa peinture abstraite des années 60, et sa période « Color-Field », son œuvre mérite sans doute mieux que cet effacement. Peut-être son image de graphiste et designer a-t-elle aussi contribué à mettre en retrait le peintre venu du réalisme social, sa première période. Et les extraits de sa correspondance donnés dans l’ouvrage indiquent bien que, après des voyages en Europe et une installation finale à Paris, Charles Pollock persiste dans le milieu artistique américain et ne semble guère s’impliquer sur place, ni même s’intéresser aux plasticiens en exercice, hormis les quelques monstres sacrés de la génération précédente. Attitude qui explique en partie la réciproque, les circulations culturelles se produisent rarement en sens unique. Cette biographie restitue avec précision et nuances son itinéraire sinueux dans le contexte culturel remuant des Etats-Unis du milieu du XXe siècle.

Marcel Alocco