Nice, musique baroque et architecture

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Gilbert Bezzina

 

Le public du festival Vieux Nice Baroque en Musique ne cesse de croître chaque année. Gilbert Bezzina, directeur de l’Ensemble Baroque de Nice et grand amateur des musiques du XVII et XVIIIème siècles, ne s’en étonne pas.

Est-ce dû au répertoire extraordinaire de cette période liée à l’architecture niçoise baroque pourtant si décriée il y a seulement une quarantaine d’années ?

 

Pour lui, ce nouvel engouement tient à la redécouverte des timbres appropriés à cette musique. Vivaldi par exemple, était joué il y a une cinquantaine d’années avec des instruments modernes, ce qui ne restituait ni le timbre, ni le ton, ni la grandeur artistique des œuvres. Les recherches faites sur la manière de jouer avec des instruments anciens ou des copies fidèles d’instruments ont permis de redécouvrir ces œuvres.

 

Pour la musique française, jouer Lulli sans la connaissance approfondie de son style inspiré souvent du ballet ou de la danse, sans rechercher les règles de base de l’interprétation, devient vite insupportable. Chaque époque a besoin de nouveautés. Dans les années 50, la mode était au XIXème siècle. Beethoven et Brahms étaient largement diffusés avec des instruments adaptés. L'art baroque n’était pas à l’honneur. « Lorsque l’on a commencé à jouer des œuvres du XVII et du XVIIIème siècles, avec le rythme, le ton, les instruments appropriés, l’esprit de l’époque, cette musique est redevenue une nouveauté », explique Gilbert Bezzina. « A l’époque de Vivaldi, on découvrait la musique contemporaine à l’office du dimanche car les compositeurs écrivaient des œuvres pour l’église. Actuellement, la musique contemporaine a du mal à intéresser le grand public car elle est un peu hermétique ».


Concert baroque à Sospel

Pour la 14ème édition Vieux Nice Baroque en Musique, Gilbert Bezzina prépare 8 concerts avec son ensemble à cordes, une quinzaine de musiciens, violons, alto, violoncelles, basses, clavecins. Ils seront joués chacun deux jours, à la Cathédrale Sainte Réparate, l’Eglise du Gesu, l’Eglise Saint Martin-Saint Augustin, la chapelle de la Croix. On pourra y découvrir des œuvres rares et des grandes pièces du répertoire.

Pour l'ouverture de la saison, les 24 et 26 octobre avec l’intégrale des Suites pour orchestre de Jean Sébastien Bach, le groupe sera enrichi de flûtes, hautbois, trompettes et timbales. Les 14 et 16 novembre, concert de musique de chambre autour du Mythe d’Orphée avec le jeune ténor Carl Ghazarossian. Les 12 et 14 décembre, inauguration de l’année anniversaire Haendel, avec Concertos grossis opus VI, première partie.

Depuis 2002, pour sensibiliser un nouveau public, Le Baroque Bar propose des soirées musicales dans l’esprit d’un salon de musique ou d’un club de jazz. Cet automne, quatre concerts (1 h et ½ environ) pourront être appréciés en dégustant comme à l’époque de l’hypocras ou des eaux de coriandre, ceci dans la cave de l’ensemble Baroque de Nice.

Un moment très particulier à ne pas manquer.

Tout ce travail réalisé pour la musique du XVIIème et du XVIIIème siècle, mérite d’être élargi au théâtre, à la danse, au ballet. Gilbert Bezzina dirige actuellement ses recherches vers des créateurs spécialistes du théâtre de cette époque. Ils travaillent les œuvres d'auteurs oubliés avec la déclamation de l’époque, l’éclairage à la bougie... Un répertoire nouveau avec des divertissements, des comédies ballets, des compositeurs italiens peu connus. Un rêve qui pourrait devenir une spécialité de Nice Baroque.


par Brigitte Chéry


Ensemble Baroque de Nice
25, rue de la Croix   06300 Nice - France
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