Expositions BEAT GENERATION / ALLEN GINSBERG

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Pour laquelle le poète Allen Ginsberg, figure tutélaire et principal catalyseur de la Beat Generation servira de cartographe et de guide. Le commissariat de l'exposition est assuré par Jean-Jacques Lebel, plasticien, écrivain qui fut le premier traducteur du brillant poème-manifeste "Howl" d'Allen-Ginsberg ainsi que de maints autres textes. Le long entretien filmé qu'il mena avec Allen Ginsberg en 1990 tiendra lieu de fil rouge de l'exposition.


Quatre versions de la même manifestation sont présentées cet été dans quatre institutions européennes à vocations diverses : le Centre Pompidou-Metz, le Studio National des Arts Contemporains, le Fresnoy (Tourcoing), les Champs Libres (Rennes) et le ZKM, Centre des Arts et de Technologie des Medias (Karlsruhe).

Exposition

SALUT LES BEATNIKS !

Ce qui vous est proposé ici n’est pas une exposition classique composée d’oeuvres accrochées aux murs, mais plutôt une anthologie visuelle et sonore, une expérience sensorielle, une jungle d’images projetées, une promenade virtuelle à travers un vaste mouvement transculturel né pendant la Seconde Guerre Mondiale, à New York, et qui, à partir de 1955, s’est répandu dans le monde. Le poète Allen Ginsberg, figure tutélaire et principal catalyseur de la Beat Generation, nous sert de cartographe et de guide. Il nous introduit auprès de ses amis — qu’il a souvent photographiés à différentes époques — et, surtout, de leurs oeuvres, en soulignant la personnalité singulière de chacune d’entre elles.

Films connus ou inconnus, lectures publiques, enregistrements, reportages inédits, textes, oeuvres plastiques, entretiens, photographies et documents en tous genres… Cet ensemble d'éléments réunis pour la première fois offre une perspective supranationale, labyrinthique et multimédia qui excède les limites d’une présentation muséale linéaire et didactique.

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Les visiteurs sont ici invités à entrer de plain-pied dans l’univers halluciné/hallucinant des poètes de la Beat Generation et à revivre, pour leur propre compte, cette aventure à la fois collective et subjective. Inédite également est l’ouverture simultanée de quatre versions de la même manifestation dans quatre institutions européennes à vocations diverses : le Centre Pompidou-Metz, Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains (Tourcoing), Les Champs Libres (Rennes) et le ZKM | Centre d’Art et de Technologie des Médias Karlsruhe (Allemagne), offrant ainsi une synergie et un partenariat exemplaires.

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Grâce à Allen Ginsberg, nous suivons d’étape en étape les batailles littéraires, culturelles, politiques, existentielles et spirituelles que la Beat Generation a menées.Avec lui nous visitons ou revisitons quelques chefs-d’oeuvre de la littérature moderne signés Jack Kerouac, William S. Burroughs, Gregory Corso, Michael McClure, Gary Snyder, Peter Orlovsky et, bien sûr, Allen Ginsberg. Nous les voyons ou les entendons, nous découvrons leurs manuscrits, leurs dessins, leurs modes de vie mais aussi leurs combats pour la liberté d’expression et la libération des moeurs, contre l’ethnocentrisme, l’homophobie et la paranoïa raciste, pour l’écologie. Nous pouvons apprécier le rôle crucial qu’ils ont joué, en tant qu’écrivains et citoyens du monde, au sein du vaste mouvement international qui, dans les années 1960, a rejeté la Guerre du Vietnam, Wall Street, le Pentagone, la bombe d’Hiroshima, l’industrie nucléaire et, globalement, toute forme d’impérialisme culturel et politique. Dans son fameux poème-manifeste, Howl, Allen Ginsberg a d’ailleurs régurgité Moloch, le monstre biblique exigeant toujours plus de sacrifices humains, que Karl Marx avait déjà dénoncé comme emblème du capitalisme hégémonique et conquérant. Ce n’est pas un hasard si Allen Ginsberg, William S. Burroughs et leur ami Jean Genet ont participé aux manifestations de Chicago en 1968, ni si certains de leurs jeunes camarades ont nommé à cette occasion un véritable cochon, rose et vociférant, comme candidat aux élections présidentielles américaines. L’esprit dada était bel et bien présent, toute distinction entre action politique et action artistique étant abolie.

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Les films, les entretiens, les reportages, les photographies, les textes que nous présentons mettent d’ailleurs l’accent sur les rapports de filiation que les poètes de la Beat Generation ont toujours entretenus avec leurs prédécesseurs et contemporains, notamment asiatiques et européens : William Blake, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Antonin Artaud. Au cours de leurs longs séjours productifs et de leurs nombreuses visites à Paris, Allen Ginsberg, William S. Burroughs, Brion Gysin et Gregory Corso ont connu Henri Michaux, Ghérasim Luca, Jean Genet, Marcel Duchamp, Man Ray, Tristan Tzara, Bernard Heidsieck, Félix Guattari et bien d’autres. C’est au café Sélect, à Montparnasse, que Allen Ginsberg commence à écrire son grand poème cathartique Kaddish et qu’il rédigera Sur la Tombe d’Apollinaire et Europe ! Europe !. C’est à Paris que William S. Burroughs terminera et publiera Le Festin Nu, Nova Express et que Gregory Corso achèvera Bomb.

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Avec la Beat Generation est né le puissant mouvement contre-culturel mondial dont, aujourd’hui, les « Indignés » portent les couleurs et dont les visionnaires et utopistes à venir, à leur tour, s’inspireront.

Jean-Jacques Lebel

Avril 2013