Nicholas Angelich, poète de La Roque D’Anthéron !

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Comme d'habitude, il y avait foule pour écouter les 3 ème et 5 ème concertos pour piano et orchestre, deux des plus réussis des cinq concertos laissés par Beethoven interprétés par le pianiste Nicholas Angelich au parc du château de Florans. Nicholas Angelich les aborde sans se prendre la tête entre les mains, ce qui semble d’emblée impossible, tant les doigts tricotent avec agilité et conséquence sur le clavier !

 

 

Piano

Il donne le pathos nécessaire au N°3 en ut mineur opus 37, offrant à cette œuvre une grâce quasi juvénile qui semble sourire à l’improvisation. Il excelle dans la cadence servant ainsi la magie beethovénienne, restituant tout le mystère enrobant l’écriture si particulière du compositeur allemand. La fin du premier mouvement du 3ème concerto constitue un sommet de l’interprétation et suffit déjà à notre bonheur.

Dans l’opus 73 dit l’empereur, probablement le concerto le plus joué par les pianistes, le soliste transcendé une nouvelle fois offre tout le panache requis par cette œuvre. Il offre une vision poétique et rajeunie des passages les plus emblématiques. Rarement, on aura entendu en concert une interprétation aussi inspirée. On oublie ici la grandiloquence et les lenteurs excessives d'autres interprètes. La dimension expressive des deux concertos en sort grandie à en oublier le chant des cigales et les piqûres amoureuses des adorables moustiques, caractéristiques de nos belles nuits d’été en Provence.

Le chef polonais Antoni Witt à la tête des superbes musiciens constituant l’Orchestre National de Lyon connaît bien son Beethoven. L’ouverture de Coriolan délivrée ici est une belle invitation au voyage… Il parvient à éviter habilement tous les pièges de la dureté et de la fausse transparence dans lesquels sont souvent tombés plusieurs de ses collègues : cordes, vents, bois et percussions communient en équilibre parfait avec le soliste.

Une soirée inoubliable, une de plus, offerte par La Mecque des pianistes. L’ovation réservée par le public est totalement méritée…

En bis, Nicholas nous offre un Chopin dont il a le secret !


Serge Alexandre


Le 33 ème festival de La Roque se poursuit jusqu’au 20 août : http://www.festival-piano.com/