JAZZ A JUAN : A SHORTER WAY TO WAYNE

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« 80th anniversary Tour »

16 juillet 2013 – 20h30 –Juan les pins, Pinède Gould : un géant du saxophone entre en scène.

John Patitucci, Brian Blade et Danilo Perez le suivent de près.

 

Du premier son jusqu’au dernier, les musiciens joueront sans discontinuer, comme pour répandre l’énergie de leur musique dans l’univers, ainsi que le font les bouddhistes lorsqu’ils entonnent l’intarissable « Ôm ». Et l’on sait à quel point cette référence spirituelle et cosmique imprègne la vie et la musique de Wayne Shorter. Une musique pure, exigeante, sans concession.

Wayne Shorter Jazz à Juan 2013 (c) Gilles Le Franck office du tourisme

Les compositions jouées sont principalement celles du dernier opus de ce quartet : Without a Net, sorti en 2013. Zero gravity entame l’exploration. Car c’est bien d’exploration que l’on parle tant, une fois lancé, le morceau divague au gré de ce que chaque musicien lui apporte, sans que le point d’arrivée soit connu. D’ailleurs peu importe l’issue, puisque quelle que soit l’étoile atteinte, un nouveau voyage intergalactique suit immédiatement avec le morceau Orbits.

Franchissant bientôt les 80 ans de vie terrestre1, ce chercheur infatigable, gratifié de nombreux prix et Grammy Awards, est l’invité d’honneur du festival Jazz à Juan cette année. Wayne n’annoncera aucun morceau et ne s’adressera pas à son public avec l’usuel outil linguistique. Il ne communiquera que par le truchement de ses saxophones, tour à tour soprano ou tenor. Loin derrière, les Jazz Messengers... Loin également Wheather Report... Quel chemin parcouru ! Chemin qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs celui de son mentor, John Coltrane, lequel, parti d’un jazz structuré, s’orientera vers les musiques modales puis une création plus « free ».

L’excellent batteur qu’est Brian Blade, moteur du vaisseau, souffle le feu tout au long de cet unique mouvement symphonique, saute, trépigne, flanque ses baguettes sur les peaux et se tortille à faillir en basculer de son tabouret. John Patitucci, l’un des meilleurs contrebassistes actuels, le suit ardemment et l’on sent bien que les deux font la paire. Le pianiste Danilo Perez reste moins euphorique.

Wayne Shorter Jazz à Juan 2013 (c) Gilles Le Franck office du tourisme

Suivra une nouvelle composition de Wayne : Lotus. Le quartet sera rappelé deux fois et nous offrira deux autres compositions : le magnifique Plaza Real, toujours issu de l’album Without A Net et Adventure Aboard the Golden Mean (tiré de l’album Beyond the Sound Barrier).

La densité de la recherche de Wayne est telle que chaque morceau contient une mine de trésors, d’idées, de germes de nouveaux morceaux. Créateur assoiffé, auteur de nombreux standards dont Speak No Evil, Footprints, Yes or No ou Infant Eyes, Wayne Shorter a plongé son audience dans une transe méditative qui marque pour longtemps l’esprit et l’oreille. Après son passage sur cette scène azuréenne en 2006, de retour cet été, l’homme que son ami Michel Delorme surnomme à juste titre the Genius s’en va découvrir d’autres contrées, notamment celle du Festival de Jazz de Marciac où il jouera le 27 juillet prochain.


Yaël Angel


Site internet de Wayne Shorter : www.wayneshorter.com

Discographie du quartet Wayne Shorter/Danilo Perez/John Patitucci/Brian Blade


2002 Footprints Live! (Verve Records)

2003 Alegria (Verve Records)

2005 Beyond the Sound Barrier (Verve Records)

2013 Without a Net (Blue Note)

1 Car c’est ainsi qu’il s’exprime sur son site internet.