Le retour très attendu de Madame Butterfly à Toulon !

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Après des représentations mitigées de Carmen, l’opéra de Toulon retrouvait la très belle production d’une grande sobriété signée Nouma Sadoul pour la mise en scène et Luc Londiveau pour les décors de Madame Butterfly superbement mise en lumières par Philippe Monbellet.

 

On est loin ici du Japon de carte postale coutumier de certaines productions. Raffinement, poésie, beauté incandescente et passion : tels sont les mots clés de ce spectacle totalement maîtrisé et d’une rare efficacité sur le plan dramatique. On tient là l’admirable et bouleversant portrait d’une femme abandonnée puis spoliée.

 

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Butterfly sous la direction de Nouma Sadoul n’est pas simplement une jolie poupée enfantine, elle devient une tragédienne née qui doit à sa formation de Geisha d’être en représentation perpétuelle de l’homme qu’elle désire séduire.

Face à l’héroïne, tous les protagonistes de l’oeuvre sont habilement dessinés.

La soprano roumaine Adina Nitescu connaît bien Butterfly et cela s’entend. Dès ses premières phrases, sa voix de soprano lirico spinto bien placée, souple et puissante, égale sur toute la longueur, lui permet de venir à bout facilement de toutes les difficultés vocales du rôle. Par son métier et son intelligence consommés du chant, l’interprète cisèle chaque phrase avec un art de la coloration et de l’énonciation et une sobriété dans le geste qui font mouche à en oublier un vibrato devenu excessif nuisant parfois à la justesse de l’émission.

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Elle ne parvient toutefois pas à nous faire oublier l’incarnation sublime de Rié Hamada aux côtés du ténor Brandon Jovanovich sur cette même scène en 2004.

À ses côtés, le ténor polonais Arnold Rutkowski est un Pinkerton idéal à la voix saine. Son Pinkerton est fanfaron et cynique à souhait. Il offre un chant nuancé dans le duo d’amour et offre des aigus puissants et solaires au troisième acte. La Pologne a beaucoup de chance : Piotr Beczala et Arnold Rutkowsky, deux des plus grands ténors du moment qui enchantent les plus grandes scènes lyriques internationales.

À leurs côtés, les différents personnages sont tous remarquables à commencer par l’admirable et vibrante Suzuki de Giovanna Lanza. Cette mezzo-soprano italienne à la voix ronde et limpide offre de somptueux graves et sa présence scénique est d’une rare justesse. On tient là l’une des meilleures Suzuki du moment !

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On retient aussi l’excellent Goro au chant élégant de Joseph Shovelton et le Sharpless compatissant et impeccable de Franck Ferrari.

Giuliano Carella, l’actuel directeur musical de la maison, connaît parfaitement la grammaire puccinienne. Par sa direction, il ne cesse de porter le drame, il met en valeur la partition aussi bien dans l’intimiste que dans le grandiose. À la tête des musiciens de l’orchestre, il ne cesse de mettre en lumières la dynamique de l’orchestration !

Le chœur réussit quant à lui parfaitement ses interventions.

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Serge Alexandre

Pour en savoir plus sur l’Opéra de Toulon, je vous invite à visiter le superbe site : http://www.operadetoulon.fr/

Un extrait de cette production de Numa Sadoul à l’Opéra National de Bordeaux en septembre 2011avec la franco-albanaise Alketa Cela

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