OR, SANG ET CENDRES !

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Bernard Aubertin joue avec le feu. Comme il l'a si souvent fait pendant son long parcours (55 ans...) il a enflammé deux disques constitués d’allumettes le 8 février au MAMAC de Nice, en présence d'un public ravi d'assister à cette spectaculaire performance : Frisson garanti !

 

 

Exposition

Nous avions visité l'exposition "Le feu de la couleur, Bernard Aubertin accompagné de ses amis du mouvement zéro", qui s'était déroulée à l'Espace de l'Art Concret de juillet à novembre 1994.. Aujourd'hui, à 78 ans, Bernard Aubertin n'a rien renié rien oublié et revendique encore et toujours ses tableaux-feu et ses monochromes, les deux aspects complémentaires de son œuvre.

Des papiers brûlées, toujours des allumettes, ici incandescentes, des monochromes où le rouge, le noir et l’or jouent leurs divers tons. Des bûches rouges. Est-ce le billot ? Mais il n’y a pas de bourreau... Des livres carbonisés, un autodafé ou la condamnation de l’autodafé : Freud et sa vie sexuelle et le traité de la fureur utérine, deux livres sacrifiés sur le bûcher. L’artiste exprime ses émotions.

Exposition

Bernard Aubertin, fasciné par sa rencontre avec Yves Klein en 1956 s’est affranchit du bleu, mais reste fidèle au monochrome : rouge, or, argent et aussi la cendre, sont ses couleurs de prédilection. Là s'arrête sa proximité avec Yves Klein car contrairement à lui, Aubertin utilise aussi des clous, des fils de fer, le dos de cuillères, des serviettes éponges, des allumettes...

C'est le résultat de sa longe résidence à Reutlingen au Stiftung für Konkrete Kunst en Allemagne ou il a fait partie du Groupe Zero et était très proche de Günter Uecker.

Exposition

C’est inouï ce que l’on peut faire avec une seule teinte, varier son aspect, les ombres, les reflets ou encore les reliefs. Imaginez une toile couleur de sang, observez la, il n’y a qu’une teinte, c’est uniforme, regardez mieux, vous découvrez des aspérités, des rondeurs, des ondulations et des lignes pourtant invisibles au premier regard. Bernard Aubertin réussit à donner le mouvement et la pureté en une seule couleur. Ses allumettes enflammées, bois roussis, sont autre chose, il faut aller au-delà de ce qui semble. Il en est de même pour toutes ses œuvres offertes à la curiosité du visiteur, car il faut être curieux pour bien saisir cet artiste. Les couleurs dominantes : Or, c’est celui de son talent, Sang, il faut voir là sa soif de vérité et Cendres, ce sont celles de la vanité inutile de ceux qui n’ont pas compris les priorités primordiales. Bernard Aubertin, craque une allumette, brûle une feuille de papier, un livre ou peint en rouge une bûche de bois, ce n’est pas innocent, c’est, avant tout pour essayer de faire comprendre la fugacité des choses matérielles. La beauté n’est pas dans la matière, mais dans l’univers : «……Mon travail livre des messages empreints d’humanisme et je souhaite qu’il induise une réflexion lucide sur le monde. » Bernard nous invite à prendre conscience de notre situation et l’allumette exprime le caractère éphémère de notre situation, le rouge notre quête de vérité et de justice et l’or, le but à atteindre, celui de la pureté. Une belle leçon d’humanité de cet artiste, disciple, d’une certaine façon, du maître incontesté du Bleu.

Exposition

Exposition jusqu’au 26 mai 2013 au Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice.


T Jan.