Ernesto Tito Puentes souffle un « chaud et froid » au Rayon Vert – Pays de Caux

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Le trompettiste franco-cubain Ernesto Tito Puentes entouré de son Big Band remonte sur scène pour une tournée française. Ce musicien octogénaire venait présenter le 25 janvier dernier son album fraîchement sorti des bacs, Gracias, au Rayon Vert, à Saint-Valéry-En-Caux (Seine Maritime), auprès d’un public peu préparé aux ambiances Calientes !

 

 

spectacle

Imaginez. L’homme-orchestre Ernesto "Tito" Puentes roule sa bosse depuis 60 ans dans l’hexagone ! Son dernier album est un double hommage : à la musique afro-cubaine qu’il sert merveilleusement et à la France qui affectionne ses concerts pêchus, notamment depuis la vague Buena social Vista Club1. Instrumentiste, compositeur-arrangeur, il a accompagné les plus grands artistes de variétés avant de fonder son groupe de salsa dans les années 1980 puis son big band en 1995, avec lequel il tourne et enregistre sans compter.

Pour l’accueillir honorablement en cette soirée du 25 janvier, le Rayon vert avait drapé la salle de rideaux de velours dans un halo de lumières carmin et bleu Véronèse. Le maestro fit son apparition en veston blanc, écharpe rouge et pantalon noir, se distinguant de ses 21 musiciens en costume noir à pois rouge. Dès les premières mesures, le ton était donné : la musique serait festive, swing, énergique, tendu par le rythme syncopé des percussions et des breaks de cuivres. Mais voilà, notre «Tito » national ne jouait pratiquement pas, ni ne semblait pouvoir chanter ce soir là. Et bien qu’il dirigeât dans un déhanché décontracté ses musiciens virtuoses, les intermèdes entre chaque morceau prenaient une place redondante et injustifiée. Tito tentait de communiquer avec le public en racontant des histoires d’une voix, certes douce et chaleureuse, mais à la diction et au volume malheureusement inaudibles, sans compter les moqueries au public non averti. Pendant ce temps (déconcertant), l’ambiance à l’arrière-scène était, presque goguenarde. Les musiciens sûrement habitués du fait, attendaient que Tito finisse son numéro en se poussant du coude, rieurs.

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La fièvre latino finit tout de même par gagner les spectateurs, lorsque la toute jeune chanteuse choriste au timbre chaud et au phrasé sensuel prit le micro et que les solos des instrumentistes s’enchaînèrent. Cadencée par la clave (percussion en bois, colonne vertébrale de la salsa) et la section rythmique, bercée par les mélodies du synthé, pulsée par la basse, exaltée par les cuivres, la musique prenait le dessus sur les tirades maladroites. Il s’en serait fallu de peu pour que ces airs métissés de fanfares de rues africaines et à l’image des Batucadas brésiliennes ne donnent le diable au corps pour une danse cubaine aux sons d’un club de la Havane. Si la chevauchée fantastique n’a pas eu lieu, c’est un chaud et froid que l’on ne regrettera pas. La générosité paye toujours…

Aurèle M.



 

Ernesto Tito Puentes et son Big band

Le 25 janvier 2013 au Rayon Vert - scène conventionnée

14 rue Grâce de Dieu 76460 Saint-Valéry-en-Caux

Pour les autres dates de la tournée : http://www.infoconcert.com/artiste/ernesto-tito-puentes-195/concerts.html

1Le documentaire de Win Wenders, Buena Vista Social Club, réalisé en 1999, a rendu célèbre la musique cubaine qui triomphait dans le club légendaire éponyme de la Havane.