LES 50 PHOTOGRAPHIQUES DE L’INSAS

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L’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle, pour fêter ses cinquante ans nous offre, avec l’exposition Le Regard Exercé, un superbe voyage photographique au travers le travail de ses élèves.

 

 

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En Belgique et au-delà ses frontières, l’INSAS est une institution qui jouit d’une solide réputation, un équivalent de la FEMIS en France. Cette école fut crée en 1963 par Raymond Ravar et un groupe de cinéastes et cinéphiles, dont André Delvaux et Edmée Lagrange qui en initia les cours de photographie, afin de répondre à un besoin de formation : comédiens, techniciens du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel.

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Cette institution forma une grande partie des réalisateurs belges tels Jaco Van Doermael, mais aussi étrangers comme Danis Tanovic, pour ne citer qu’eux.

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Dès l’origine donc, dans le cursus des étudiants, la photographie est intégrée comme matière d’apprentissage. L’exposition Le regard exercé parcours ces cinquante années d’école sous un autre angle. Les œuvres présentées sont des travaux d’élèves donc, ils relèvent d’abord de travaux pratiques sur certains aspects de la photographie, telle la lumière, le portrait, le paysage, le reportage, le cadrage... Parler d’œuvres ici n’est pas usurpé car, par-delà de simples exercices imposés, s’amorcent bien souvent des styles, des partis-pris affirmés, des maturités déjà construites. Mais, parmis ces travaux, comment distinguer un monteur, d’un réalisateur, d’un cadreur ? En fait, la chose apparaît illusoire. Résumer, en une centaine de clichés, quelques 50 ans d’archives relève de la gageure. Nous pouvons saluer ici le travail des deux curateurs de l’exposition, Marie Sordat, photographe et Christian Châtel, plasticien, tous deux enseignants à l’INSAS, d’avoir su, d’avoir pu dégager une cohérence, des fils conducteurs, des confrontations, entre exercices et époques diverses.

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Ces archives photographiques sont une véritable mine d’or ! Elles témoignent des cinquante années passées : évolutions dans la mode vestimentaire, changements urbains accumulés au fils des ans ; on pourrait refaire une histoire du quartier alentour de l’INSAS, car les élèves, souvent pressés par le temps, prirent, bien souvent, leurs clichés aux alentours de l’école, témoignant ainsi de son évolution. Les exercices de reportages photographiques seraient aussi à étudier à la lumière des périodes. Ils ont évolués selon les époques, entre les années 60 et notre ère du multimédia, les regards changent forcément. Il peut en être ainsi concernant les portraits, l’influence des magazines, de la publicité, des visions globales de la représentation évoluent par époques. Dans cette exposition, certains travaux sont de singulières compositions plus proches de plasticiens ou de graphistes, intégrant le photomontage, le collage…

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Il serait souhaitable, de par leurs richesses, qu’elles ne subissent pas le triste lot des archives poussiéreuses que l’on peut retrouver dans les fins fonds, caves ou combles, de toutes nos administrations, voire même de leurs simples disparitions. Le déficit d’archives visuelles dans certains continents, l’Afrique, en l’occurrence, par faute de moyens financiers, ont des conséquences dramatiques pour l’histoire et la construction d’une mémoire collective. Ces photographies, malgré l’aspect mineur de travaux d’étudiants, mériteraient plus qu’une simple exposition dans le cadre d’une commémoration, elles sont un patrimoine vivant pour le présent et le futur. Il suffit de vouloir s’en donner les moyens qui ne manquent, sans aucun doute.

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Valéry Poulet


DU 08 JANVIER AU 04 FÉVRIER

ISELP, BOULEVARD DE WATERLOO, 31 B-1000 BRUXELLES