Gallotta « ouvre le champ de la danse ».

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Le nouveau spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta « Racheter la mort des gestes », est un hymne au temps qui passe, le sien, le nôtre. Pour terrain de jeu, le Théâtre de la Ville de Paris, fidèle partenaire, accueillait sa joyeuse troupe pour un voyage poétique du 31 octobre au 10 novembre 2012.

 

spectacle

 

Le ballet fantaisiste de J.-C. Gallotta, « Racheter la mort des gestes – Chroniques chorégraphiques 1 », doit son origine à une réflexion de l’écrivain Hervé Guilbert qu’il rencontrait en 1984 : « Qui est le chorégraphe, sinon ce grand fada sacré que la société semble payer pour le rachat de la mort des gestes » ? Et s’il y a bien des gestes chez la palette infinie du grenoblois — vifs, duals, assumés, apeurés, libérés, tantôt solitaires, tantôt collectifs… — ils sont (dé)livrés avec la parole. Celle qui introduit les scénettes-étapes de sa vie qui parlent du vivre ensemble, de la danse et des rencontres de sa vie. Ces gestes rythment les chansons omniprésentes, ils s’entremêlent avec les vidéos, pour mieux leur donner vie. Ces gestes témoignent de la grande liberté dont fait preuve le chorégraphe qui n’hésite pas à mettre en scène « les gens » non professionnels passant l’audition qu’ils lui avaient présentée« dans la vraie vie » ! Touchante donc, cette mise à nue perpétuelle (au propre comme au figuré). Quand au patchwork chorégraphique, cette poésie ambulante auquel le spectateur assiste, Gallotta s’amuse à souhait car selon son leitmotiv il n’a « jamais été contre » les collages. Aussi s’inspire-t-il du found footage cinématographique, connu sous le nom de « centon » en littérature ou encore appelé sampling chez les musiciens. Les multiples références et rappels au passé ne sont jamais figés. Ils s’ancrent dans un spectacle assoiffé de charnel, de sensualité, de concret et ne laissent pas de place à la nostalgie, au passéisme. C’est une ode à la vie qui passe plus qu’un hymne à des défuntes amours.


Aurèle M.


Racheter la mort des gestes – Chroniques chorégraphiques 1

Jusqu’au 10 novembre 2012

Théâtre de la Ville de Paris

2 place du Châtelet, Paris 4

Tél. : 01.42.74.22.77

http://www.theatredelaville-paris.com/