Misia, une Reine de Paris au cœur des Révolutions artistiques

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L’exposition Misia, Reine de Paris, se tient au Musée d’Orsay jusqu’au 9 septembre et se poursuivra dans le tout nouveau Musée Bonnard à Cannet du 13 octobre 2011 au 6 janvier 2013.

 

Quatre facettes d’une femme kaléidoscope. C’est l’angle choisi par Orsay pour lever un bout du voile sur cette mondaine qui régna en maîtresse femme sur le Tout-Paris culturel et artistique de la fin du 19e siècle au milieu du 20e.

La musicienne éclairée : A la lumière des tableaux de son plus fervent admirateur Vuillard, on découvre la 1ère facette de Misia. Au temps où la jeune pianiste polonaise talentueuse encouragée par Fauré débarque dans le Paris du 19e siècle finissant, elle fréquente les plus talentueux compositeurs de son temps : Debussy, Ravel, Satie…

La muse des peintres nabis : Au tournant du siècle, elle se marie avec son cousin, Thadée Natanson, directeur d’un bi-mensuel La revue blanche qui rassemble de grandes plumes et des artistes novateurs autour d’idées progressistes. L’occasion pour Misia de déployer son charme slave auprès de tous ceux qui font l’actualité politique, culturelle et sociale : de Ravel à Picasso, en passant par Mallarmé, Cocteau et Coco Chanel. Mais aussi d’être la muse de quelques peintres célibataires illustres : Bonnard, Toulouse-Lautrec, Vallotton…

La mécène de l’avant-guerre et des années folles : Son cousin, ruiné, la pousse dans les bras d’un magna de la presse, Alfred Edwards, grâce auquel elle va financer entre autres les ballets russes et devenir une proche de Diaghilev. Une période faste en dîners mondains et parties de campagne où Madame Verdurinska (comme la surnomme son amie intime Coco Chanel !) semble jouer les entremetteuses manipulatrices. Un épisode non élucidé de sa vie reste la mort mystérieuse de la jeune actrice Geneviève Lemtelme qui avait entre temps épousé son ex-mari !

L’amoureuse sans réserve : Elle se marie pour la troisième avec le peintre José Maria Sert avec lequel elle tente par amour un impossible ménage à trois avec sa maîtresse devenue sa nouvelle femme, la sculptrice Roussy… Jusqu’au décès de celle-ci ! Leurs liens se resserrent à nouveau mais Misia vivra désormais seule jusqu’à son décès après un dernier voyage à Venise, affaiblie par la morphine.

L’exposition nous entraîne progressivement dans l’univers de cette femme puissante grâce à une série de peintures, photographies et dessins et de documents à l’appui : lettres, documents sonores et visuels, bijoux, décors de théâtre, distillés de salles en salles. Si l’on sent bien qu’elle a pu inspirer nombre d’artistes avant-gardistes, on peut lire à travers les lignes et dans son regard (peint, photographié ou filmé) qu’elle n’était pas tendre avec ses contemporains, que la jalousie la taraudait et que la jeune femme sensuelle et spontanée s’est transformée en une virulente et jalouse femme mûre. Entre le portrait psychologique suggéré en creux et la réalité des liens qu’elle a pu tisser, des talents qu’elle a fréquentés et mis en lumière, l’histoire retiendra surtout son magnétisme incontestable et sa capacité à être au centre de la formidable éclosion artistique et culturelle de son époque.


Aurèle M.


Misia, Reine de Paris

Musée d’Orsay à Paris jusqu’au 9 septembre 2012

http://www.musee-orsay.fr/

Musée Bonnard à Cannet du 13 octobre 2012 au 6 janvier 2013

http://ww.museebonnard.fr/