Concerts du cloître du Monastère de Cimiez à Nice  / La part du rêve

PDFImprimerEnvoyer

L’ouverture des Concerts du Cloître était « romantique » ce samedi 21 juillet. Romantique et teintée de tristesse. Jacques Taddei, président et directeur artistique de l’Académie Internationale d’Été de Nice depuis 1991, a disparu le 24 juin dernier, le lendemain du départ de son amie Brigitte Engerer.

 

Le Mont Boron devenait rose et les roses du jardin du Monastère de Cimiez exhalaient leurs rouges, leurs orangés. Une fleur de magnolia goûtait la douceur du soir. Entre les murs de la cour du cloître qui n’ouvre qu’une fois par an, une minute de silence demandée par Hubert Tassy, le nouveau directeur artistique, suivie d’un hommage : le dernier mouvement de la Fantaisie de Robert Schumann. Le piano accompagne le dernier vol des hirondelles avant la nuit. Une mouette passe dans le ciel quand Olivier Gardon plaque son dernier accord.

Les premiers accents de la Symphonie n°5 en si bémol majeur de Franz Schubert accompagnent le crépuscule. Infinie douceur pour cette symphonie « sans tambour ni trompette » composée à l’âge de 19 ans en 1816. Frédéric Deloche dirige avec sensibilité l’Orchestre Philharmonique de Nice dans les arcanes de quatre mouvements inspirés par la symphonie n°40 en sol mineur (K550) de Mozart. Le romantisme musical y pointe son nez qui amorce son lien avec la grande période classique. Le jeune Autrichien prolixe aimait la poésie et il y a un peu de cette poésie dans la baguette du chef niçois en frac.

L’assistant de Philippe Anguin, directeur musical du Philharmonique de Nice attaquera, après la pause, le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op.77 de Johannes Brahms. Cette œuvre essentielle du répertoire romantique fut écrite en 1878 est c’est l’une des plus difficile à exécuter au violon. Brahms l’avait écrite pour son ami le virtuose Joseph Joachim. Pour servir ce chef-d’œuvre, Olivier Charlier. À 14 ans, il décrochera le premier prix de violon du Conservatoire National de Paris où il enseigne à la suite de son professeur Pierre Dukan depuis 1992. Brahms, bien sûr, mais Henri Dutilleux, Édouard Lalo ou Edward Gregson l’ont mené sur les plus grandes scènes internationales. Il a la beauté du diable, la vivacité d’un félin et la grâce d’un véritable représentant de l’école française de violon. Cet homme est la musique. Malgré la brise, pas un mouvement dans le public aspiré par la gestuelle stylée de celui qui accepta un bis, une pièce de Bach, en la dédiant aux « étoiles qui brillent dans le ciel et qui brillent un peu pour nous ».

L’invitation au voyage durera jusqu’au 14 août…


Nicole Cimadoré


Réservations au 0800 950