Fondation Maeght à Saint Paul de Vence : Gasiorowski XXe – peintre

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« Vous êtes fou Gasiorowski, il faut vous ressaisir… »

La Fondation Maeght a accroché à ses cimaises, jusqu’au 26 septembre 2012, une vaste sélection de productions, inédites ou peu souvent données à voir, du peintre français Gérard Gasiorowski. Consacrée essentiellement à son œuvre peint, l’exposition présente, entre autres, certains des travaux de très grand format qu’il réalisa avant de perdre subitement et prématurément la vie en 1986, à l’âge de 56 ans.

 

 

Rarement un peintre n’aura exprimé avec autant de rigueur, d’exigence, de lucidité et d’intégrité les tourments d’une quête picturale. Doté d’une grande culture, cet artiste d’exception, peintre absolument, jusque dans les plus infimes parcelles de son être, n’a jamais cédé aux caprices du marché de l’art. Dans sa recherche d’une vérité dépouillée d’artifices, la peinture – à laquelle il s’adressait nommément en l’appelant Peinture - fut sa voie et sa voix. Voie ardue de la non-complaisance, voix tonitruante, et pourtant si souvent mal perçue, du refus des conventions, voie/voix qui fut celle des artistes maudits du siècle précédent. L’œuvre de Gasiorowsky s’inscrit de fait dans la filiation de ceux dont il revendiqua la proximité. En témoigne son extraordinaire et très émouvant livre d’artiste, présenté à la Fondation pour la première fois, dans lequel les Lettres à Théo d’un autre écorché-vif de génie, tout aussi épris de vérité, tout aussi fou de peinture, occupe une place prépondérante. A l’instar de cet aîné façonné dans la même glaise d’exigence, « Gasio » a vécu sa passion coûte que coûte, dans un parcours souvent difficile, voire douloureux, entravé par l’incompréhension des tenants d’un art au discours convenu. En retour, à ces commentateurs qui se répandent en platitudes dans les salons, il affirmait, avec une ironie mordante : « Je me tiens assez bien je crois hors des convenances sociales et de ses fosses communes. »


Olivier Kaeppelin, commissaire de l’exposition, a imaginé ici, comme à l’accoutumée, une scénographie exemplaire, qui constitue un hommage bouleversant à l’immense talent de celui qui fut son ami. Nous conduisant à la découverte de son itinéraire, des Croûtes jusqu’aux Amalgammes, en passant par les Ponctuations, il nous démontre avec brio combien le geste de peindre était la préoccupation primordiale, vitale même, de Gasiorowsky, geste qui fit aboutir des chef-d’œuvres à ne pas manquer, comme cet incroyable Chemin de peinture et ces Stances de 40 mètres de long, offerts à notre regard - événement sans précédent - dans leur intégralité. Une fois de plus, avec cette constante générosité dans l’acte de transmission du savoir qui le distingue, le directeur de la Fondation Maeght nous invite à le suivre pour un moment privilégié, dans un périple tracé par son érudition et sa sensibilité.

Un pur bonheur !


Catherine Mathis


Gasiorowski XXe – Peintre.

« Vous êtes fou Gasiorowski, il faut vous ressaisir… »

Du 30 juin au 26 septembre 2012

Fondation Maeght

623 chemin des Gardettes

06570 Saint-Paul de Vence

Tel : + 33 (0)4 93 32 81 63

www.fondation-maeght.com