Première édition de « EVENTO », une ville se remet en question

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eventoHistoire d’oublier sa candidature déçue au titre de capitale européenne de la culture 2013, la Ville de Bordeaux a imaginé Evento, un événement artistique qui se veut alternatif et inédit. Situé dans l’espace public il s’appuie sur l’idée de célébration de la ville et de mobilité. Tous les deux ans, une nouvelle édition sera dirigée par une personnalité différente du monde de l’art et de la culture. La première édition a été confiée à l’architecte et artiste Didier Faustino, dont la proposition s’intitulera «Intime Collectif».

 

 

 

Nomadisme international

L’architecte, artiste et scénographe franco-portugais souhaite combiner création urbaine multidisciplinaire et internationale et inviter une trentaine de personnalités à exposer leur vision de la ville.

L’évènement se déroulera en 3 temps :

-pendant trois jours, du 9 au 11 octobre, toutes les propositions seront rassemblées Place des Quinconces au moment précis de la Foire au Plaisirs, très populaire en Gironde. Le grand public sera interpelé !

-du 11 au 18, les œuvres seront disséminées dans les quartiers à la rencontre des habitants, de la rive gauche à la rive droite, en traversant la Garonne. Invocation de l’unité et de l’avenir urbain de Bordeaux !

-pendant 3 semaines, le débat sera engagé entre population, créateurs locaux et internationaux.

Choc des cultures ?

On va pouvoir suivre le « making of » en temps réel sur www.evento2009.org

Les « locaux » oubliés ?

A Bordeaux, Evento fait déjà polémique car Didier Fiuza Faustino n’a pas l’intention de se laisser dévier de son parti qui est aussi son cahier des charges, faire une place prépondérante aux invités extérieurs. D’où le « pourquoi pas nous ? » de certains acteurs locaux qui pensent aux 3 millions d’euros de subvention municipale. Réponse de D.F.F : « On m’a donné la liberté de choisir. La première édition ne répondra pas à toutes les attentes locales. Je préfère cette radicalité et cette temporalité permettant à la ville de se remettre en question. » Ce qui ne l’empêche pas d’arpenter beaucoup la ville et de dialoguer beaucoup avec ses habitants.


par Marie-Christiane Courtioux


*Didier FiuzaFaustino, invité à Venise, Yokohama, Pékin, présent notamment à la 27eme Biennale de Sao Paolo en 2006, où il a présenté « Les racines du mal », un lampadaire géant qui délimite un espace public où un petit groupe peut trouver abri (commande du Ministère de la Culture). Sa « H Box » pour Hermès, unité de voyage en aluminium et plexiglas, a été présentée à la Tate Modern de Londres et au Centre Pompidou. Elle sert de salle de projection pour des artistes vidéastes.