EXILS

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La condition de l’exilé est illustrée sous de multiples formes et depuis toujours dans l’art, particulièrement au XXe siècle où les guerres et les révolutions ont contraints bien des artistes et des penseurs à quitter leur pays pour fuir les persécutions, les totalitarismes, le chaos. Tandis que d’autres choisirent de s’expatrier, considérant, comme Hölderlin, que c’est ailleurs qu’on parachève la construction de soi et que c’est hors de son pays que « ce qui est propre doit tout aussi bien être appris que ce qui est étranger... »

 

Les uns comme les autres puisèrent dans cet ailleurs imposé ou choisi matière à alimenter leur ressources créatives et, de sensations nouvelles en apports d’une autre culture, firent de leur situation d’exil un creuset. Ce sont ces expériences, subies ou voulues, douloureuses ou réjouissantes, toujours révélatrices d’une autre dimension de soi, que l’exposition EXILS, réalisée conjointement par les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes et la Réunion des musées nationaux-Grand palais (RMN-GP), met en lumière, à travers les productions d’un panel impressionnant d’artistes-phares de la Modernité et de deux plasticiens contemporains, Véra Molnar et Mélik Ohanian.

Déclinée sur les trois sites, cette exposition permet d’envisager les recherches picturales de Marc Chagall, Fernand Léger, Pablo Picasso mais aussi de Mondrian, Kandinsky, Magnelli, Josef Albers, Joan Miró et d’autres encore, à l’aune du déracinement ou du déplacement et des rencontres fondatrices que firent chacun d’eux loin de leur patrie d’origine. Une constellation d’œuvres des artistes les plus prestigieux de l’avant-garde est ainsi dévoilée, qui ravit le regard du visiteur et captive son attention.

Qui ne saurait se réjouir d’être convié au musée Chagall à écouter une conversation silencieuse entre Le poète en exil de Victor Brauner, La Mère de Simon Hantaï, La Sorcière de Wifredo Lam, le Loplop de Max Ernst ? Qui déclinerait une invitation à venir au musée Fernand Léger saisir un dialogue instauré entre The Spirals de Làszló Noholy-Nagy, le Silencieux de Jean Arp, L’oiseau dans l’espace de Brancusi et l’incroyable Merzbau de Kurt Schwitters ? Qui resterait de marbre, au musée Pablo Picasso La Guerre et la Paix, devant les larmes de béton de Melik Ohanian ? Certainement pas les amateurs d’art…


Catherine Mathis


EXILS

Réminiscences et Nouveaux Mondes

24 juin – 8 octobre 2012

Biot, musée national Fernand Léger

Nice, musée national Marc Chagall

Vallauris, musée national Pablo Picasso