La FIAC 2009 : place aux valeurs sûres.

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La 36e édition de la « Foire Internationale de l’Art Contemporain » s'est déroulée du 22 au 25 octobre, à Paris au grand Palais. De vocation généraliste, la FIAC propose un panorama de l’art moderne et contemporain et de la création émergente en trois lieux voisins de la capitale. La nef du Grand Palais accueille 115 galeries, parmi les plus grands marchands tandis que la Cour Carrée du Louvre en rassemble 80, dont 30 nouveaux entrants. La scénographie, sobre, en a été confiée à l’architecte Jean-François Bodin. Le Jardin des Tuileries accueille, de son côté, une douzaine de projets in situ : installations, sculptures et performances d’artistes.



Vingt et un pays sont représentés. A côté des participants habituels, une entrée remarquée des pays du nord et de l'est : Finlande, Hongrie et République tchèque. Cette année, une page semble être tournée. Fini le temps des FIAC sanguinolentes, aux accents morbides et provocantes à haute dose. Une nouvelle ère s’annonce d’où émerge une certaine exigence plastique des œuvres conceptuelles présentées. Certes, si la tendance n’est pas à la fantaisie (en temps de crise, la profession mise sur du solide), l’humour n’y est pas absent. David Reimondo chez Di Meo se joue de notre vue avec une Fiat 500 composée de tranches de pain de mie sous résine ; Christophe Terlinden (Aliceday) nous livre un Pinocchio renversé sur le nez qui a pour titre : « l’équilibre dans le mensonge ». Le collectif Taroop & Glabel (Semiose) érige en œuvre d’art des images absurdes tirées de la presse. On note également un net intérêt pour les questions environnementales. Le dialogue culture/nature est présent chez nombre d’artistes, tant par le biais de l’utilisation de matériaux recyclés (si cette pratique n’est pas récente, elle acquiert aujourd’hui ses lettres de noblesse) que par la nature en tant que telle affichée, dépeinte, sculptée. La feuille sous plexiglas de Giuseppe Penonne abritée par Tucci Russo et le paysage de neige et troncs photographié par Darren Almond (Alfonso Artiaco) forcent pour l’un au respect et pour l’autre à la nostalgie.

Soulignons également, cette année, deux initiatives séduisantes pour les collectionneurs comme pour les visiteurs : au Grand Palais, une présentation conjointe d’œuvres muséales d’un groupe de dix galeries mondialement reconnues. La découverte d’œuvres majeures du XX° siècle, issues pour certaines de collections privées, donne à la visite une dimension supplémentaire. De superbes Soulages, Gleize, Fautrier, Calder vous rappelle que l’art est aussi cette « inaccessible étoile ». A la Cour carrée, quatorze jeunes galeries — sponsorisées par les Galeries Lafayette — exposent des artistes audacieux en phase avec leur génération. Autre point intéressant : on découvre au fil des allées des expositions thématiques telles que Chez Nathalie Seroussi qui dévoile ses machines protéiformes des années 50.

En guise d’épilogue, rappelons que la FIAC est avant tout une foire commerciale. En ces temps de marasme économique, les tableaux des maîtres modernes gardent leur cote exorbitante tandis que l’art contemporain semble revenir à des prix plus raisonnables et que l’art naissant est accessible à toutes les bourses ! Si vous avez l’âme d’un chercheur de trésors, il ne fallait pas hésiter. C'était le bon moment !

par AurèleM.