Didier Hamey : un graveur d’une délicatesse infinie…

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Didier Hamey, artiste graveur, fait une tournée française avec ses dernières compositions. Tout un univers poétique vous attend. Le monde de l’invisible et de l’infiniment petit tente de se frayer un chemin à travers un univers cosmique, marin ou terrien, le saura-t-on jamais ?

 

Didier Hamey évoque son univers comme « un monde peuplé de petits nids-cocons, d'arbres-maisons et d'animaux malins ». S’y mêlent « en rangs désordonnés, quelques vagues lapins en conversation, des semblants de canards en prise de bec, de doux échappés du carnaval de Dunkerque, des cœurs à l'endroit et à l'envers ainsi que de nombreuses caramboles coquines ».


Nous l’avons retrouvé dans un atelier de Montreuil (93) à l’occasion d’une exposition collective Manufactories pour un brin de causette. Extrait d’une conversation avec un artiste qui ressemble à ses œuvres : chemise rose éclatante mais d’abord humble, (sou)rieur mais voix et propos sensibles.

Aurèle M. : Vous présentez ici vos toutes dernières œuvres ?

Didier Hamey : Oui, celles que j’ai réalisées en 2011, mais j’ai toujours dans mes cartons les gravures plus anciennes !

A. M. : Lorsqu’on découvre vos gravures, pense-t-on inévitablement à des univers marins ?

D. H. : En partie, mais pas seulement. Je mélange les mondes avec plaisir : marin, terrestre, cosmique dans une cohabitation joyeuse... mais parfois inquiétante aussi.


A. M. : Comment travaillez-vous ?

D. H. : Je ne fais pas de dessin préparatoire et je grave sur du plexiglas. Comme c’est un matériau pauvre, je peux me permettre des superpositions et des improvisations car mettre au rebus une plaque de plexi, ce n’est pas bien grave ! Quand j’étais jeune, je travaillais la matière mais il me manquait le dessin. Avec la gravure, l’imaginaire est plus facile à lâcher. Ma tête fourmille des choses de l’enfance qui ressurgissent. J’étais à la campagne et je voyais toutes ces bêtes microscopiques dans le jardin de mes grands-parents. La gravure est comme un jeu, elle me permet de les faire revivre…

A. M. : Vous laissez faire votre imagination au point de laisser le crayon vous guider ?

D. H. : Effectivement. Je laisse le trait se faire, le fil se dérouler et si la direction prise dérape, j’essaye d’en faire quelque chose. C’est une vraie matière vivante que le processus de création. On doit se laisser surprendre. Si l’on sait où l’on veut arriver, ce n’est pas drôle et peu artistique comme démarche.


A. M. : Certaines de vos gravures en noir et blanc ont leur version en couleur. Cherchez-Vous un effet particulier ?

D. H. : Oui, c’est très intéressant de rehausser une gravure en couleur. Cela fait apparaître des détails que le N&B ne permet pas de voir aussi nettement. Cela apporte un autre regard.

A. M. : La texture très particulière de vos papiers compte pour beaucoup dans le rendu de vos gravures, vous voulez bien nous livrer votre secret ?

D. H. : J’utilise du papier japon et je le mélange à d’autres papiers. D’autre part, je laisse les coulures d’encres visibles. Ces deux techniques donnent cette teinte un peu bistre et de Chine collé1.


A. M. : On vous retrouve prochainement ?

D. H. : Dans des galeries aux 4 coins de la France. Et je prépare un gros projet à Lille pour octobre 2012, à la galerie La Sécu, sur le thème du fantastic avec une série que j’ai appelée Nébuleuses où évolueront oiseaux, chimères,…


Aurèle M.


Retrouvez l’agenda des expositions de Didier Hamey sur son site web :

http://didier.hamey.free.fr/index.php

1 Gravure où l’image est imprimée sur une mince feuille de papier de Chine, renforcée par une feuille plus épaisse et plus résistante. De teinte légèrement grisâtre, le papier de Chine est fabriqué à partir d’herbes et de plantes fibreuses (chanvre, lin, bambou, roseau) et les fibres de graines comme le coton.