Nice Jazz Festival : Nostalgie de Cimiez

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afficheIl a régné sur cette édition 2010 du Nice Jazz Festival un climat de nostalgie qui tient à sa prochaine disparition. Comme chacun sait, le Jazz à Cimiez c'est fini : la mairie va choisir un nouveau gestionnaire pour une manifestation qui se tiendra au jardin Albert 1er.

Si le site gallo-romain ne manque pas de défauts (mauvaise visibilité de la scène du jardin, interférences sonores entre les différents espaces, inexistence de parkings à proximité), la beauté des lieux l'emporte sur ces quelques inconvénients. C'est ce qu'exprimait la jeune et blonde Tineke Postma. Dans son petit discours d'introduction, cette musicienne hollandaise qui connait les belles scènes de la Côte d'Azur puisqu'elle est venue en 2008 à Jazz à Juan et en 2009 au Festival de Ramatuelle a rappelé le plaisir qu'elle a de jouer dans notre région. Elle a exprimé l'espoir que le prochain site serait aussi magique que la scène Matisse où elle s'est produite le 17 juillet dernier. Il est à craindre que la belle Tineke ne voie jamais son vœu exhaussé, non seulement parce que la magie d'un lieu ne se déménage pas mais parce que le domaine qui est le sien, le jazz contemporain, dispose de moins en moins d'espace dans les manifestations conçues pour un vaste public. Depuis un certain temps déjà, les grands festivals européens de jazz (Vienne, Montreux et dans une moindre mesure, Marciac) élargissent leur offre au rock, à la world, à la musique électronique etc. De ce fait, le jazz actuel voit son audience réduire et les manifestations qui lui sont exclusivement consacrées revienne à des tailles modestes parce qu'elles s'adressent à un public restreint. Dans la région, c'est le cas des festivals de jazz de la Seyne sur Mer, de Ramatuelle, de La Roque d'Anthéron, de Porquerolles, de Barcelonnette etc. qui proposent des concerts dont la qualité n'a rien à envier aux méga festivals. Selon nous, Nice ferait bien de s'inspirer de ces petites villes plutôt d'essayer de nous faire croire qu'elle pourra à nouveau retrouver les splendeurs passées de la Grande Parade du Jazz. Dans la suite de mots suivants pris dans les propos de notre maire, il y a un intrus, cherchez lequel : jazz - doublement de la fréquentation - tarifs modérés - venue de « grands noms » - diminution de moitié de la subvention municipale ?

 

postma

La soirée d'ouverture du Nice Jazz Festival illustrait parfaitement la contradiction qu'il y a entre une programmation pointue et la recherche de l'affluence. Tandis que, sur la scène des arènes, jouait Ornette Coleman pour environ trois cent personnes assises comme à un concert de musique de chambre, dans les jardins, le groupe Earth Wind and Fire se produisait face à environ trois mille spectateurs debout ou allongés sur la pelouse. Ces deux concerts auraient pu aussi bien se dérouler dans dans deux villes différentes, ce qui aurait évité aux amateurs du premier d'être gênés par la sono des seconds.


colemanOrnette aux arènes
Ornette Coleman est aujourd'hui âgé de 80 ans et ses apparitions en France ne sont pas fréquentes, c'est pourquoi, ce samedi 17 juillet, on était venu de loin pour voir et entendre ce dernier authentique géant de la musique improvisée. Quand il rentre sur scène, d'une démarche lente et un peu raide, vêtu d'un costume bleu électrique et coiffé d'un petit chapeau hip hop, les applaudissements frénétiques sont vite remplacés par un silence respectueux. Il sourit timidement et prend le temps d'observer son public, de le «calculer» et de se concerter avec ses accompagnateurs avant d'enchainer, pendant une heure et quart, une quinzaine de petites pièces (2) qui sont chacune des sortes haïkus musicaux aussi sophistiqués que limpides. Ce qui frappe d'emblée quand on ne l'a pas écouté récemment en concert, c'est le son du groupe qui est moins tranchant que naguère. Ornette, au sax alto, est tout aussi précis qu'auparavant mais il a pris de la rondeur, ce qui lui permet d'exprimer un certain lyrisme. Ses courtes et périodiques interventions à la trompette sont de touchantes évocations de son défunt complice, Don Cherry. Au violon, il se contente de renforcer la cadence assurée généralement par le bassiste qui joue d'un instrument à cinq ou six colemancordes. Grâce à cela, il en use comme d'une guitare. Le répertoire du quartet traverse les soixante années de la carrière du saxophoniste. Il est aussi une évocation de toutes les musiques qui l'ont inspirées : le be bop, le blues, la suite N°1 pour violoncelle de Jean Sébastien Bach interprétée à l'archet par le contrebassiste Tony Falanga ou bien encore un thème de Peer Gynt de Grieg. En rappel, il joua ce morceau qu'aucun des spectateurs n'espérait entendre. Ce thème interprété d'une manière très émouvante, c'est Lonely Woman, le standard qu'il créa en 1959 et que tout le monde a joué et rejoué, sauf lui. Ornette, le musicien qui composa un tube sans le vouloir et qui s'en désintéressa pendant cinquante ans!

Après un 75 mm de pur plaisir, le public a quitté lentement l'espace des arènes. La nuit était tombée, la lune dominait l'arche qui couronne la scène et l'on partageait le sentiment d'avoir assisté à un concert inoubliable. Ce plaisir était tempérée par une certaine tristesse. Cette prestation mémorable n'est elle pas aussi une forme d'adieu?

La scène Matisse, comme un club.
Quand le silence s'est imposé dans le champ d'oliviers centenaires de la scène du jardin, c'est le temps de la scène Matisse qui prend des allures de club. Dominée par la façade baroque du musée Matisse, elle offre un ambiance de proximité propice à un court set de fin de soirée . Cette scène est réservée à des concerts intimistes pour un public plus attentif et plus connaisseur que la moyenne des visiteurs du Nice Jazz Festival.


postmaTineke Postma qui s'y est produite le 17 juillet a au moins un point commun avec Ornette Coleman, celui d'avoir joué en compagnie la pianiste Geri Allen. C'est d'ailleurs avec cette dernière que la saxophoniste a enregistré son dernier disque (3), dans lequel elle a puisé l'essentiel du répertoire de son concert (4) pour lequel elle était accompagnée par son trio habituel (5). Autant compositrice inspirée que brillante interprète, Tineke Postma cumule les talents. Le son de son sax alto est à la fois franc et chaleureux et au soprano, elle est au niveau des virtuoses de l'instrument (Shorter, Liebman...). Ses compositions sont généreuses sans être mièvres et souvent incantatoires sans être répétitives. Beaucoup de spectateurs ont découvert, à cette occasion, Tineke et sa musique (uniquement des compositions originales) qui renforce, à coté de la Française Géraldine Laurent, le petit club féminin des saxophonistes avec lesquelles il faut compter.


termineTrois jours plus tard, le 20 juillet, sur la même scène et au même horaire, le quartet d'Olivier Temine (6) joua les invités surprise, en remplacement de James Hunter, pour un programme consacré à la musique de John Coltrane (7). L'hommage à ce géant du jazz fait partie des manifestations incontournables des festivals de notre région et risque de tomber dans le rites de fans des sixties. Il est néanmoins agréable de voir un jeune musicien connu pour son anticonformisme et qui est né après la mort de Coltrane, se livrer à cet exercice, sans excessive révérence au maître. Temine a le son puissant et riche qu'il faut pour interpréter ces thèmes qui appartiennent pour la plupart à la période « classique » du quartet de Coltrane Ses partenaires ont la précision et le métier pour récréer le climat sonore d'un concert dans un club à la fin des années 50 ou au début des années 60.

Le 23 juillet, cette même scène accueillait le quartet de Chris Potter (8). Ce saxophoniste est le type même du « musicien pour musicien » que l'on compare souvent à Michael Brecker. Peu connu du grand public, il est pour le milieu et pour ses élèves, une référence aussi bien en matière de composition que d'interprétation. Comme lors de son dernier passage à Nice en mai au CEDAC, le public du Festival à pu apprécier la qualité de ses compositions (9), son sens du groove, l'aisance et la maîtrise qui règnent dans son groupe tout électrique.

 

potter

 


zappaUne soirée d'hommage au jazz-rock

Le jazz cultive le culte des anciens au risque donner de lui même une image un peu passéiste. Nice ne compte plus les concerts consacrés au patrimoine. Outre Coltrane, on y honorera Nougaro et Django. Le jazz-rock eu droit également à sa soirée d'hommage.
Le fils de Frank Zappa, Dweezil, depuis quelque années s'est donnée pour mission de faire connaître l'œuvre de son père qu'on joue peu aujourd'hui, peut être en raison de sa complexité. Dweezil Zappa était sur la scène du jardin, le lundi 19. Grâce à lui, les vétérans ont pu retrouver le son unique de « The Mothers of Invention » et les plus jeunes découvrir une petite partie de ses compositions. Le groupe « Zappa play Zappa » (10) qui est formé de virtuoses dont certains sont très jeunes a interprété une dizaine de chansons (11) du musicien disparu en 1993. « Jouer du Zappa » n'est pas une chose aisée. Ses arrangements sont aussi subtils que complexes et il faut posséder une grande dextérité instrumentale car les rythmes sont très rapides. Dweezil et ses compagnons arrivent à bout de toutes les difficultés que pose l'interprétation de ce répertoire. Bref c'est du très bel ouvrage, néanmoins force est de constater que l'on reste froid face à cette musique car ce son « tout électrique » des années soixante dix a vieilli comme celui de la mouvance jazz-rock. La meilleure manière de célébrer Zappa ne consiste sans doute pas à rejouer à l'identique ses enregistrements, aussi riches soient -ils, mais peut-être de les réinterpréter sur des arrangements plus contemporains.


onjLe même soir, sur la scène des arènes, l'ONJ célébrait Robert Wyatt qui lui est bien vivant et qui a fait l'objet d'un double CD sorti en 2009. Ce disque de l'ONJ, conçu par Daniel Yvinec et Vincent Artaud, permet à Wyatt lui même et un certain nombre de chanteurs inattendus dans ce registre (Arno, Rokia Traoré, Yaël Naïm, Irène Jacob, Daniel Darc), de réinterpréter ses chansons. La bonne idée aurait été de faire venir à Nice outre l'ONJ, les chanteurs ayant participé au projet ou, à défaut, uniquement Robert Wyatt. Au lieu de cela, nous eûmes droit aux musiciens de l'orchestre (12) : une bande de jeunes diplômés du Conservatoire sagement rangés derrière leur pupitre et l'œil braqué sur leur partition. Ils étaient accompagnés périodiquement par le trompettiste Eric Truffaz. Quant à la partie vocale, elle était en play back. C'était une sorte de Karaoké inversé qui nous donnait à entendre dix des quatorze titres du disque (13).
Ce type de prestation n'apporte rien. Pas d'avantage aux jeunes musiciens qui ne sont pas mis en valeur qu'à la diffusion du disque qui, à cause de ce traitement, perd beaucoup de son mystère.

Herbie et Chick
Quand Herbie Hancock est dans la ville, Chick Corea n'est pas bien loin. Ces deux pianistes, à la fois rivaux et compères sont, depuis 1960, omniprésents sur la scène jazz. Comme l'était Miles, ils sont les dernières grandes stars du jazz capables de rassembler les publics de toutes les générations et les amateurs de tout style. C'est ainsi que le premier était sur la scène du jardin le 21 juin pour promouvoir son dernier opus et le second, le lendemain, dans les arènes en compagnie d'une brochette de pointures pour un concert acoustique.



coreaHancock a parcouru le monde pour enregistrer dix standards (14) regroupés sous le titre de Imagine Project. Pour donner à ces chansons un habillage original, il a fait appel à des musiciens de jazz ou de variété comme Susan Tedeschi, Derek Trucks , Marcus Miller, Wayne Shorter, Jeff Beck et P!nk mais aussi des artistes de la world (Tinariwen, The Chieftains, Toumani Diabate, Oumou Sangare, Chaka Khan, Anoushka Shankar, etc.), rencontrés lors de ses voyages. Cela donne un disque agréable à écouter qui, sans aucun doute, plaira à un large public. L'essentiel du concert de Nice était consacré à l'interprétation de quelques morceaux de ce CD et à la reprise de ses propres standards (15) joués en pot pourri. Il était accompagné de cinq musiciens (16) sur la soixantaine de participants à ce projet. Il était donc nécessaire, là encore, de recourir parfois au play back pour certaines chansons, notamment Imagine. Le concert de Hanckock a mis en valeur ses qualités de pianiste et son sens de la composition qui ne sont plus à prouver. Il laissa également une large place à ses musiciens parmi lesquels nous avons particulièrement remarqués le guitariste béninois Lionel Loueke ainsi que la jeune bassiste australienne, Tal Wilkenfeld. Tous deux ont assuré nombre de solos.


hancokChick Corea, comme Hancock, aime varier les styles. En 2008, il était venu au Nice Jazz Festival, accompagné de Stanley Clarke (b), Al Di Meola (g), Lenny White (d) pour faire revivre le mythique groupe de fusion « Return To Forever ». Cet année, il a choisi l'option acoustique avec «Freedom Band» composé de Kenny Garrett (as), Christian McBride (b), et Roy Haynes (d). Ce quartet haut de gamme auquel s'était adjoint Wallace Roney (tp) et Joshua Redman (ts) avait publié en 1996 un disque dédié à Bud Powell (« Remembering Bud Powell »). C'est donc naturellement au pianiste disparu en 1966 qu'a été consacrée une partie du show. Ont été interprétées également des compositions de Monk, de Corea et des standards (17). Dans cette prestation « classique » par son répertoire et sa formule instrumentale, chacun joue le jeu avec simplicité. Corea nous gratifie d'introductions virtuoses, Kenny Garrett, comme d'habitude, est autant à l'aise dans les compositions rapides que dans les ballades, Chritian McBride avec détachement et humour distille un son pur et rond. Quant à Roy Haynes qui a 85 ans, il s'abstient de prouesses physiques en se contentant de maintenir avec finesse et précision le tempo ultra rapide imposé par les galopins. A la fin du concert,le climat change avec la venue sur scène de John McLaughlin. Il rajoute une touche d'électricité aux deux derniers thèmes puis tout finit en joyeux bazar. Les musiciens qui visiblement avaient envie de s'amuser terminent le concert dans une parodie de show de Rhythm and blues où Christian McBride démontre ses qualités de boute-en-train.

Nos meilleurs souvenirs
Les amplis sont maintenant éteints, les baraques à frites ont fermé boutique et Cimiez retrouve sa vocation de lieu de promenade. C'est l'heure du bilan, non pas financier ou de fréquentation que nous laissons ceux que cela intéresse, mais en termes artistiques.
Le Nice Festival 2010, comme les deux éditions précédentes ont été d'une qualité technique satisfaisante si ce n'est le problème de niveau sonore de la scène du jardin qui quelque fois s'entend jusqu'aux arènes.
Pas de caprice de star, du moins visible, sans doute parce que la moyenne d'âge des artistes était plus élevée que d'habitude. Pas de déception, non plus. Les musiciens présents ont, en gros, répondu aux attentes d'un public qui d'ailleurs n'est pas très exigeant. Si l'on doit chercher un motif de se plaindre, c'est du coté de l'absence de révélation qu'il faut chercher. Nous attendions beaucoup de deux jeunes pianistes annoncés comme les stars de demain : Hiromi et Tigran Hamasyan. La première a été une des membres du quartet de Stanley Clarke. Au sein de cette formation qui délivrait une musique speedée et intense, elle n'a pu rien faire d'autre que participer au mitraillage de notes sans autre originalité que l'étalage d'une vaine virtuosité. Les spectateurs de Marciac auront sans doute l'occasion de mieux l'apprécier à l'occasion de son concert solo, en première partie de celui d'Ahmad Jamal, le 4 août.


tigram Le cas Tigran Hamasyan est plus grave car il joue ses propres compositions. Le concert qu'il a donné avec ses jeunes partenaires du groupe Aratta Rebirth (18) ne nous a pas convaincu. Ses compositions, à partir de thèmes populaires arméniens, sont longuettes et répétitives. Les interventions de la chanteuse, Areni, qui se contente d'émettre un son continu sont assez lassantes. Seul le sax, Ben Wendel, tire son, épingle du jeu. Il est toujours pertinent.
Les grandes joies de ce Nice Jazz Festival, nous les devons à des musiciens dont la moyenne d'age dépasse les soixante dix ans : Ornette Coleman qui fut magnifique, Hancock, un peu roublard mais si talentueux, Corea que nous n'imaginions pas si chahuteur. Nous n'oublierons pas non plus le concert de Bojan Z et son Tetraband (19). Il eût la malchance d'être programmé en même temps qu'Herbie Hancock, c'est pourquoi nous avons été contraint d'en zapper une partie. Nous espérons cet hiver, dans de meilleures conditions, donner à groupe inventif toute l'attention qu'il mérite.

Le rideau et tombé, Gérard Drouot et son équipe ont rempli la mission qu'ils s'étaient donnée : redonner du contenu à ce festival qui était devenu n'importe quoi. Il reste à l'équipe municipale à nous prouver qu'après l'intense activité de dénigrement qu'elle a menée ces deux dernières années, elle est en mesure de réinventer un nouveau Nice Jazz Festival. Au travail!

par Bernard Boyer


(1) : Ornette Coleman (saxophone alto,violon et trompette), Al Mac Dowell (basse), Tony Falanga (contrebasse), Denardo Coleman (batterie).

(2) : Following The Sound, Sleep Talking, Jordan, 911, Call To Duty, Tunaround, Blues Connotation, Bach, Peace, Taking The Cure, Sphinx, Dancing In Your Head, Song World, Song X, Lonely Woman

(3) : The Traveller (2009) avec Tineke Postma (as, ss), Geri Allen (p), Terri Lyne Carrington (d), Scott Colley (b).

(4) : Searching and Finding, Short Conversations, The Line, In The Air, YWC.

(5) : Marc van Roon (p), Frans van der Hoeven (b) et Martijn Vink (d)

(6) : Vincent Strazzieri (p), Sylvain Romano (b), Jean-Pierre Arnaud (d), Olivier Temime (ts)

(7) : After The Rain, Liberia, Spiritual, All Or Nothing At All, Everytime We Say Good Bye, Wise One, Mr P C.

(8) : Chris Potter (ts), Adam Roger (g), Nate Smith (d) et Craig Taborn (claviers)

(9) : Underground, Pop Time, Small Wonder, Tweet.

(10) : Dweezil Zappa (guitare), Willian Hulting (marimba et percussions), Peter Jablonowski (basse), Scheila Gonzalez (saxophone, flûte, claviers et voix), James Kime (guitare), Joe Travers (drums et voix), James Thomas (voix), Christopher Norton (clavier).

(11) : Notamment Blessed Relief, The Little House I Use To Live In, Big Swifty, Inca Roads, Montana...

(12) : D. Yvinec (dir), V. Artaud (arr.), Eve Risser (p, fl, divers), V. Lafont (kb, elec.), Antonin-Tri Hoang (as, cl, p), Matthieu Metzger (sax, elec.), Joce Mienniel (fl, elec), Rémi Dumoulin (sax, cl), Guillaume Poncelet (tp, p, synth, elec), Pierre Perchaud (gtr, bj), Sylvain Daniel (b, cor, eff.), Yoann. Serra (dr).

(13) : Alifib, Rangers In The Night, O Caroline, Kew Rhone, Just As You Are, Line Shipbuilding, The Song, P L A, Te Recuerdo Amanda

(14) : Imagine - Don’t Give Up - Tempo de Amor - Space Captain - The Times, They Are A’ Changin - La Tierra - Tamatant Tilay / Exodus - Tomorrow Never Knows -A Change Is Gonna Come - The Song Goes On.

(15) : Notamment Don’t Give Up, Imagine, TheTimes, They Are A’ Changin, Cantaloupe Island, Watermelon Man, 'Round About Midnight.

(16) : Vinnie Colaiuta (d), Tal Wilkenfeld (b), Lionel Loueke (g), Greg Phillinganes (claviers), Kristina Train (chant)

(17) : Bud Powell, Psalm, Monk Dream, Dusk in Sandi, (Gary Burton) We'll Be Together Again, Some Day My Prince Will Come, Matrix Freedom Band Jam.

(18) : Tigran Hamasyan (piano, claviers et compositions, arrangements), Areni Agbabian (chant), Ben Wendel (sax), Charles Altura (guitare), Ted Poor (batterie), Sam Minaie ( basse)

(19) : Josh Roseman (trombonne), Seb Rochford (batterie) et Ruth Goller (basse)