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Quand Cohen apparût au jardin des oliviers...
Par Bernard Dupuis

Le concert qu'a donné Leonard Cohen au Nice jazz Festival a été, pour beaucoup l'événement de cette manifestation. Les 7000 spectateurs qui se pressaient dans le jardin des oliviers étaient venus pour communier avec un un artiste que l'on avait pas vu sur scène depuis 1993. Même si les échos de ses prestations précédentes, à Montréal et Lyon, étaient très favorables, nul ne pouvait, en définitive, évaluer l'impact de ce show tant attendu.
Dès l'arrivée sur scène des six musiciens et trois choristes en tenue de concertistes, on savait que le débraillé et l'à peu prés ne seraient pas de mise. Quand la star apparût en costume sombre et chapeau assorti, il devint évident que le chanteur de 74 ans avait choisi d'assumer son âge, sans doute pour mieux souligner l'intemporalité de son oeuvre. Suprême élégance, il débuta son concert par « Dance Me To The End Of Love », après avoir donnée la traduction française du couplet. Précaution sans doute superflue car le public fredonnait la chanson en même temps que lui. De fait l'ensemble récital fut une revue de tubes que le public connaissait sans nécessairement savoir qui en est l'auteur. Ainsi, offrit -il au public, parmi une douzaine de titres : « Everybody Knows », « Bird On A Wire », « Ain’t No Cure For Love”, «Hallelujah» «So Long Marianne», «First We Take Manhattan», «I’m Your Man», «Closing Time» etc. De «Suzan» où Cohen s'accompagne de sa seule guitare avec le soutien des choristes à «Democraty», plus symphonique, le rôle de l'orchestre et même du chanteur est avant tout de servir le texte. Les musiciens : Roscoe Beck (basse et direction musicale et vieux complice de Cohen), Neil Larsen (claviers), Bob Metzger (guitare), Rafael Gayol (percussions), Javier Mas (guitare 12 cordes et luth), Dino Soldo (saxophone, clarinette électrique, harmonica, claviers) et les choristes, Sharon Robinson et les Webb Sisters ne cherchent jamais à se mettre en avant. Ils se bornent à démontrer leur savoir faire en donnant aux différents morceaux la couleur sonore appropriée : un tempo reggae, un climat gospel, un solo de saxo et même une introduction au luth dans un style andalou ainsi que quelques touches de clarinette klezmer.
Quant à Léonard Cohen qui interprète toute ses chansons dans un tempo médium, non seulement, il prouve que sa voix de basse a gardé toute sa sensualité mais encore, il chante d'une manière telle que l'on puisse comprendre chaque mot de ses textes.
Le concert achevé nombreux étaient ceux qui repartaient en chantonnant pour eux même ou leur moitié :
«Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love...»
Si l'on doit souligner que la technique (sono, respect de l'horaire) fut à la hauteur du concert, il faut malheureusement déplorer que le site des oliviers est et restera inadapté à ce type de concert : dans une foule de 7000 personnes debout, on ne voit rien, que l'on soit proche ou éloigné de la scène. Rappelons simplement, qu'à l'origine, du temps de la Grande Parade, il n'y avait pas un tel distinguo entre les artistes «du jardin», «des arènes» et «de Matisse», chaque groupe fréquentait les trois scènes.
Il serait peut être temps que l'on pose le problème de l'adaptation du site de Cimiez à la programmation actuelle du Nice Jazz Festival.
Bernard Dupuis
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