Retour Sommaire

Festival de Cannes 2008 - Che


Photo tiré du film Che de Steven Soderbergh, 2008

Prix d'interprétation masculine : Benicio Del Toro, dans Che

"Che" Film réalisé par Steven Soderbergh, avec Benicio Del Toro, Demian Bichir et Carlos Bardem, 2008.

Sortie en octobre et novembre 2008

Che (sortie en octobre et novembre 2008) était un des événements les plus attendus de ce festival. Après Carnet de voyage, de Walter Sales, présenté à Cannes en 2004 et qui évoquait les années de jeunesse de Guevara, chacun était curieux de voir comment s'en sortirait Steven Soderbergh, capable de passer d'une superproduction du type Ocean's Eleven, à une œuvre minimaliste comme Bubble. Notre intérêt était d'autant plus aiguisé que Hollywood avait commis en 1969 un Che! réalisé par Richard Fleicher, avec Omar Charif dans le rôle titre , film suffisamment gratiné pour avoir été désigné comme l'un des 50 plus mauvais films de tous les temps.

Finalement, le résultat est surprenant. Loin des biopics habituelles, Che n'est ni hagiographique ni dénonciateur du mythe. C'est un film qui semble incomplet, sans doute parce qu'il a été présenté dans une version de travail sans générique, en deux parties totalisant 4 h 28 de projection. La première couvre la période allant du débarquement en 1953 de Castro et ses 80 partisans à la victoire des barbudos à Santa Clara début 1959 qui provoqua la fuite de Batista. La seconde décrit la catastrophique expédition de Bolivie, qui se termine le 9 octobre 1967 par l'exécution du Che.

Soderbergh s'est intéressé à Che comme chef de guerre, brillant second de Castro et tacticien inspiré dans la Sierra Maestra, évanescent, accablé et semblant chercher la mort en Bolivie. A part quelques courtes scènes d'interviews faites à New York, à propos du marxisme ou de l'économie et insérées dans la première partie, rien n’est dit sur les années 59 à 66. On recherche en vain la moindre allusion à des aspects peu reluisants de sa carrière (responsable de nombreuses exécutions, créateur de camps de travail, organisateur de l'intégration de l'économie cubaine dans celle du bloc soviétique etc.).

De nombreux spectateurs reprochent ces oublis au réalisateur. Ce reproche perd néanmoins de sa force si l'on considère le film non pas comme la biographie d'un personnage historique, mais comme une réflexion sur les qualités d'un chef, qu'il soit de guerre ou d'entreprise.

Vu sur l’angle de l’entreprise Che décrit la différence entre stratégie et tactique, le rôle de la motivation de l’équipe dans la 1eme partie, l’importance de la non prise en compte de l’environnement dans la 2eme etc

Un jour peut être Che servira de matériel pédagogique à des cours de leadership dans des écoles de gestion. Ce serait, en quelque sorte, la deuxième exécution du « comendante ».


De notre correspondant à Cannes Bernard Dupuis



Retour