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Fictions et vidéos : Brigitte Zieger

Eye Dust, 2007, fard à paupières sur papier. Courtesy Brigitte Zieger
Collages, fac-similés d’objets, vêtements découpés, faux-décors miniaturisés, explosions peuplent les vidéos et installations de Brigitte Zieger. Cette artiste allemande qui vit et travaille à Paris depuis 1979 réalise des images étonnantes, parfois angoissantes, croisant l’introspection et une réflexion sur la violence.



Chute
Soft,, 2000, 2’54 ”.
Mondwest Dyptique
Ces trois images Courtesy Brigitte Zieger.
Le choix d’utiliser des matériaux pauvres comme du carton, du fard à paupières, de la pâte à modeler, des magazines découpés ou des petites voitures rapproche l’œuvre de notre quotidien. C’est une paire de chaussures à talons réalisées en pâte à modeler qui fait chuter le modèle féminin dans la vidéo Soft (2000). L’objet ici façonné devient l’élément responsable d’une chute. Comme si l’accessoire permettant d’accéder à la féminité ne remplissait plus son rôle. Plus inquiétante, la vidéo Venus (1997) montre l’artiste en train de modeler un cerveau ou une chevelure autour de sa tête. Ici aussi, la chevelure, symbole de féminité, se fait menaçante pour la femme. Elle n’assure plus sa fonction de parure mais révèle l’intérieur du crâne : la cervelle.

Serial Self cut-out Courtesy Brigitte Zieger.
Au-delà d’un jeu d’exhibition dedans-dehors, l’on peut penser que ce travail insiste sur la fonction accessoire de l’objet, tantôt surréaliste tantôt menaçant. Parfois tournée vers soi, la violence est au cœur des préoccupations de Brigitte Zieger. Le spectateur est surpris par un revolver que l’artiste pointe vers elle, surgis d’une fausse chevelure en pâte à modeler dans Serial Self (1999). Quant aux dessins esquissés au fard à paupières de la série Eye Dust (2007), ils figent de gigantesques explosions scintillantes sous l’effet de la poudre paillettée. Dans cette exploration de diverses techniques (vidéo, objets sculpturaux, installations ou dessins), s’effectue un hommage aux trucages cinématographiques et à l’univers des medias. Ainsi Mondwest (2003) présente une image arrêtée d’un personnage fictif. De la fumée s’échappe de son cou, comme si le personnage était en train de se dégonfler. Cette œuvre rappelle des films de science-fiction, comme Metropolis de Fritz Lang. L’éclairage vert et rouge présente une dualité, entre angoisse et apaisement. L’image ralentie permet de suspendre le temps, étirant l’image comme dans certaines pièces de Stan Douglas.

Courtesy Brigitte Zieger.
Quant à la vidéo intitulée Hits & Misses, The Ceiling (2005), elle nous promène dans le trompe l’œil d’une cascade effectuée par un cascadeur professionnel, dont le rôle est de doubler l’artiste, traversant un plafond et rejouant plusieurs fois cette chute absurde. Peut-on y voir un clin d’œil au thème du double ou est-ce l’idée d’effondrement qui prime dans ce travail? Au spectateur de choisir.
Isabelle Doleviczényi
Brigitte Zieger expose du 9 au 14 avril au Salon du dessin contemporain (Galerie Odile Ouizeman)
www.salondudessincontemporain.com
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