Berthe Morisot
Exposition Berthe Morisot
Regards pluriels
Musée de Lodève
Square Georges Auric
Tél. 04.67.88.86.10.
Du 17 juin au 29 octobre 2006

Berthe Morisot (1841-1895) demeure une figure héroïque
et féminine de la peinture impressionniste qui annonce déjà
l’ère de la modernité. Représentée dans
le « Balcon » d’Edouard Manet en 1868, elle épouse
son frère, Eugène, en 1874, date de la première exposition
impressionniste. Femme peinte, elle va ambitionner dès le départ
à devenir femme peintre à une époque où les
carcans d’une société patriarcale demeurent très
puissants. Certes issue d’une famille bourgeoise et cultivée,
elle dispose d’une certaine aisance financière mais sa décision
d’embrasser la carrière d’artiste-peintre demeure un
choix très radical à son époque. Si elle privilégie
les sujets féminins, elle se positionne comme une femme portant
un regard féminin sur d’autres femmes, comme dans «
Femme cousant » (1879). Une soixantaine de peintures et de dessins
explore cette problématique, soumise à la relecture picturale
de la lumière et de l’extérieur propre à l’enseignement
de Corot chez qui elle a suivi des cours particuliers. Ainsi qu’à
l’invention du flou impressionniste qui en découlera, sans
se départir d’une illumination intérieure rayonnante.
Le rapport entre un espace intérieur et un espace extérieur
se trouve finement utilisé dans la construction de sa toile, comme
dans « Sur la terrasse (1874). L’art de Berthe Morisot, somme
toute très personnel, s’il annonce parfois Bonnard comme
dans « Intérieur de cottage » (1886), se conjugue avec
celui d’autres pionnières comme Mary Cassat (1844-1926),
influencée par Degas, à laquelle on la compare souvent.
Plutôt que de privilégier l’une au détriment
de l’autre, comme l’avait fait Gauguin, ne s’agit-il
pas plutôt de saluer celles qui furent, pinceau à la main,
les annonciatrices des temps de la parité. Berthe Morisot a donc
opté dès le départ pour une approche picturale qui
lui a assuré de son vivant une réelle reconnaissance.
Christian Skimao